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Sauvage
dimanche, juillet 20, 2003
 
MENACE À L'HORIZON
Le coût des médicaments, aux États-Unis, augmente tellement rapidement, que cela devient gênant, pour cette industrie avide de bénéfices, de demeurer près du Canada, endroit où les prix ne sont pas complètement libéralisés, et où les patients peuvent encore se soigner, sans se ruiner.

«Le lobby Pharmaceutical Research and Manufacturers of America s'efforce de faire croire que le système de santé subventionné de l'État canadien est mauvais pour nous, que nous ne pourrions pas bénéficier de certains services ou de l'accès à certains molécules».

En fait, que ferions nous d’une molécule qui nous protège de maladie tropicale ?

Ce qui indispose tant cette industrie puissante, c’est l’existence des médicaments génériques. Avec le prochain chef du gouvernement canadien, il est fort à parier qu’un de ses mandats sera de faire un nettoyage pour éliminer la compétition.


 
Tout est à vendre

Lorsque le taux de rendement du profit des grandes corporations commence l’épisode de son long et progressif déclin, on assiste à une vague de réaction en chaîne, afin de recouvrer la manne des profits faramineux. On devient alors inventif. Et l'on fini par trouver les moyens de comptabiliser les ressources, qui deviendront ainsi commercialisables.

"Une offensive sans précédent sur les biens communs de l'Humanité est en cours. À travers le plus obscur des accords de l'OMC, l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), les "services d'environnement" sont sur la table des négociations à Genève. L'eau, y compris celle des nappes phréatiques, la gestion des ressources naturelles, la biodiversité, l'énergie, font l'objet d'intenses tractations commerciales. Ce scénario avance masqué, dans la plus grande opacité, à l'insu des populations et de leurs représentants élus.

À l'issue de la révision de l'AGCS, prévue pour fin 2004, les biens indispensables à la survie passeraient ainsi sous la tutelle de l'OMC. Les politiques de préservation des ressources et des écosystèmes, les mesures pour enrayer les pollutions ou pour combattre l'effet de serre pourraient alors se voir condamnées comme autant d'obstacles au commerce par le tribunal de l'OMC."



 
Homère

Aujourd’hui, le sens de la vie, pour une multitude d’êtres, c’est de parvenir à la gloire, à la célébrité, à la reconnaissance, à la popularité, et de bénéficier de ces retombés, que sont la richesse et la fortune. Pour d’autres, ce sont les records mondiaux, de passer à la postérité, peut importe le prix ou le degré de leurs âmes qu’ils vendront à Lucifer, ce qui compte c’est que ce soit eux, et toujours eux.

Mais, si nous établissions une zone marécageuse, dans laquelle croupiraient les médiocres parmis les médiocres, nous aurions alors une congestion de clients affectés, de toute urgence, vers notre service nauséabond.

Ce dilemme moral est vieux de 2 millénaires.

Le bonheur, c’est la gloire…

ou

Pour vouloir la gloire,

Il faut ne valoir rien.

Ou n’avoir jamais fait son devoir.

«L'Odyssée est, d'une certaine façon, une contre-Iliade. L'Iliade est fondée sur une notion centrale qui est l'héroïsme, réponse apportée au problème du sens de la vie et de la mort. Rappelez-vous qu'Achille doit choisir entre une vie bien tranquille jusqu'à un âge avancé, entouré de l'affection des siens, et une vie très brève. Dans le premier cas, il vivra, certes, longtemps, mais ne laissera rien après sa mort. Ce sera la disparition pure et simple, il sera effacé comme s'il n'avait jamais existé. Dans le second cas, il devra tout le temps mettre sa vie en jeu, mais s'il meurt, il survivra car il obtiendra la gloire auprès des hommes. Or qu'est-ce que la vie sans la gloire? Achille choisit la seconde solution. En effet, aux yeux des Grecs, vous n'existez vraiment qu'à condition de connaître la gloire. Pour eux, il s'agit non pas de conserver la vie mais de la conquérir; or le seul moyen de la conquérir, c'est la mort. La mort comme moyen de réaliser une non-mort en gloire, telle est l'invention grecque.

Mais, dans L'Odyssée, lorsque Ulysse se rend aux Enfers et croise l'ombre d'Achille, mort au combat, ce dernier revient sur son choix et lui dit qu'il préférerait être le dernier des misérables sur terre mais être en vie, plutôt que le premier des morts. L'Odyssée est donc L'Iliade inversée.»

Vivre sans gloire, mais ayant fait son devoir, qui est de vivre courageusement.



samedi, juillet 12, 2003
 
La force pervertie

Chez les penseurs Latins classiques, la vertu de force ne signifiait pas assujettir, dominer ou imprimer sa propre volonté à autrui, au détriment de sa liberté, de son intégrité et de sa survie. Cet aspect de la force constitue la version négative et pervertie des composantes saines de l’existence humaine.

Quand on parle de la force comme vertu, c’est davantage au courage, à la détermination et à la persévérance que l’on fait référence.

Un des pièges à l’utilisation de la force comme moyen d’imposer ses intérêts réside dans le fait que si l’opposition reste toujours faible on utilisera trop souvent ce moyen, au détriment des autres mécanismes pour gérer et régler les différents. D’autant plus que l’on s’expose à une vengeance certaine, et ce même si cela doit prendre plusieurs années à réunir des moyens assez puissants.

«Les planificateurs militaires américains n'ont pas fait de mystère sur le fait que ce qu'ils prévoient, c'est un changement radical dans le monde arabe, un changement qu'ils pourront imposer par la force des armes et aussi grâce au fait qu'ils ne trouvent pratiquement aucune résistance devant eux.»

«Voici un petit exemple du genre de planification qui est en train d'être entreprise. Il avait été annoncé, récemment, dans la presse américaine, qu'un professeur de droit de l'Université de New York, âgé de trente-deux ans, Noah Feldman, serait chargé de la rédaction d'une nouvelle constitution irakienne. Il a été fait mention, dans tous les articles de presse annonçant cette nomination extrêmement importante, du fait que ce Feldman était un expert en droit musulman extraordinairement brillant, qu'il avait étudié l'arabe depuis l'âge de quinze ans, et qu'il avait reçu l'éducation d'un juif orthodoxe. Mais le hic, c'est qu'il n'a jamais pratiqué le droit dans un pays arabe, qu'il n'a jamais mis les pieds en Irak et qu'il ne semble avoir aucune expérience réelle, pratique, des problèmes posés à l'Irak d'après-guerre. Quel provocation effrontée, non seulement vis-à-vis de l'Irak lui-même, mais aussi pour ces légions d'Arabes et de musulmans, juristes dans l'âme, qui auraient pu accomplir très honorablement cette mission au service de l'avenir de l'Irak !

L'Amérique veut que cela soit fait par un jeune collègue tout frais émoulu des universités, afin de pouvoir dire : « C'est nous - Nous - qui avons donné à l'Irak sa toute nouvelle démocratie ! »

Edward W. Saïd

mardi, juillet 08, 2003
 
Déformation idéologique

Il se peut que l’on ne soit pas entièrement voué à l’économie de marché et au libéralisme. Il se peut aussi que l’on soit d’obédience socialiste, ou si on veut être plus précis, que l’on considère que plusieurs situations demandent une intervention étatique. À condition, évidemment, que cette intervention n’entrave pas le développement de la richesse, ne permet pas, non plus, le gaspillage et la mauvaise gestion. Cela ne fait pas automatiquement de nous des gens qui ne respecte pas le fonctionnement démocratique, comme étant le moins pire système de gouvernance.

Si l’autre tendance, celle qui prône un état régalien (qui veillerait exclusivement au maintient de l’ordre), met sur pied des instituts de savants économistes, qui répètent constamment le même crédo, mais l’appliquant à une multitude de secteurs, et qui étrangement arrive toujours à la même solution -ce qui est louche en soi-, si cette tendance, cette vision de la société, possède la majorité des organes d’informations et obtient une meilleure visibilité auprès de la classe politique, et qu’enfin le pouvoir revient au parti politique le plus sympathique à leur option, est-ce que l’on va respecter le résultat des élections ?

Bien sûr que oui. Malgré la désinformation et le fait que les médias ne présentent que les partis politiques officiels, ou qu’ils aient tendance à accorder une place démesurée aux politiques qui vont servir leurs intérêts, les citoyens peuvent toujours exercer leur droit de vote en toute conscience, et après une saine réflexion.

En va-t-il de même lorsqu’un dirigeant interventionniste prend le pouvoir démocratiquement ? Ceux qui maîtrisent et influent le plus sur les mécanismes démocratiques, vont-ils concéder la victoire ?

«Une nouvelle vague de coups d'Etat est en train d'émerger en Amérique du Sud. Elle se caractérise par une tentative de coup d'Etat dirigée par un militaire gauchiste qui est arrêté et apparaît ensuite comme une figure populaire capable de gagner les élections suivante. C'est ce modèle qu'a suivi Hugo Chavez au Venezuela et il a été imité par Lucio Gutierez en Equateur. Tout deux sont sous le patronage de Fidel Castro. Parmi les prochains «caudillos» possibles, on pourrait avoir Evo Morales en Bolivie et le Colonel Ollanta Humala au Pérou.»

Ce deuxième paragraphe, qui suit, est une merveille d’injure, de mauvaise foi et de subjectivité:

«Ce nouveau militarisme est caractérisé par une profonde hostilité envers les sociétés démocratiques et les économies ouvertes. Il a des accents populistes et une dose dangereuse d'infiltration communiste.»

South America's new-style military coup
Christian Science Monitor (Etats-Unis)
Enrique Ghersi


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