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Sauvage
lundi, juin 30, 2003
 
Est-il vraiment souhaitable de diminuer le pouvoir imparti aux états modernes, pouvoirs qui sont légitimes eu égard à la complexité des rapports, pour laisser la possibilité aux régions d’assumer une plus grande part de responsabilité ?

«Conformément à la logique des deux nouveaux ordres, régional et mondial, le rôle des états ne cessera de diminuer pour se réduire à la fonction, voire à l'obligation, de façonner les sociétés afin de les adapter. Pour accomplir cette mission primordiale, les états devront se porter garants et s'engager à adopter un plan de changement radical dans tous les secteurs et les domaines : législation, enseignement, éducation, culture, information, etc.»

lundi, juin 23, 2003
 
La faiblesse collective des Arabes (diviser pour régner)

Les populations arabes devront s’unir et former une confédération économique, législative et militaire, afin d’offrir un plus grand rapport de force contre les pressions de plus en plus marquées pour le contrôle du pétrole. Il ne peut pas y avoir de justice, s’il ne se constitue pas de contre-pouvoir, capable de freiner la puissance unipolaire américaine. L’avenir semble résider dans la constitution d’ensembles géopolitiques assez vastes et dynamiques pour imposer leurs intérêts et freiner ou infléchir ceux des autres groupes.

«Le fondement du nationalisme arabe au sens large est que, en dépit de leur diversité et du pluralisme de leur matérialité et de leurs styles de vie, les gens dont la langue et la culture sont arabes et musulmane (appelons-les les arabophones, comme le fait l'historien Albert Hourani dans son dernier livre) constituent une nation et non pas simplement une collection d'états éparpillés entre l'Afrique du Nord et les frontières occidentales de l'Iran.

La politique des Etats-Unis vise à fragmenter le monde arabe, à imposer aux Arabes l'inaction collective et la faiblesse tant économique que militaire.

Bien fou serait-il, celui qui prétendrait que le nationalisme et le séparatisme doctrinaire des pays arabes pris individuellement, qu'il s'agisse de l'Egypte, de la Syrie, du Koweït ou de la Jordanie, serait préférable et représenterait un état de choses existant plus productif politiquement qu'un schéma à venir de coopération inter-arabe, dans les sphères économique, politique et culturelle.

Je tiens à affirmer de manière catégorique, en revanche, que si depuis le début du vingtième siècle, les Arabes n'ont jamais été en mesure de pousser à son terme leur indépendance collective, globalement ou partiellement, c'est uniquement à cause des visées, revêtant une importance stratégique et culturelle, nourries par des puissances extérieures. Aujourd'hui, aucun pays arabe n'est libre de disposer à sa guise de ses ressources nationales, ni d'adopter des positions qui correspondent à ses intérêts d'état, tout particulièrement si ces intérêts semblent représenter, de près ou de loin, une quelconque menace pour les ambitions américaines.

Depuis plus de cinquante ans que l'Amérique a pris en main la domination mondiale, et encore plus depuis la fin de la Guerre froide, elle mène une politique moyen-orientale fondée sur deux principes, et deux principes seulement : d'abord la défense d'Israël et ensuite le libre écoulement du pétrole arabe. Chacun de ces deux principes impliquant une confrontation directe avec le nationalisme arabe.»

Edward W. Saïd

vendredi, juin 20, 2003
 
Producteurs et consommateurs

Parfois nous consommons de manière irresponsable. Dans ces cas précis, il aurait été facile de s’informer et de payer un léger supplément pour encourager le petit producteur local. Dans d’autres situations, les gens qui n’ont que le salaire minimum, il s’avère impossible de se nourrir de légumes frais et de coupe de viande de qualité.

On dit qu’au début des années 70, de 6 à 8 jours de travail suffisait pour payer le loyer. Présentement, nous somme plus près d’un ratio qui avoisinne les 15 à 17 jours. On prétend même que d’ici 5 ans, si le gouvernement n’intervient pas de manière énergique, les logements augmenterons de 30 à 50% du prix actuel. Si on exclut la nourriture de base, le reste des aliments devienne un luxe, impossible à s’offrir.

Dans de pareilles situations, les premières entreprises à écoper, sont celles qui ne peuvent pas compter sur les économies d'échelles, donc les petits producteurs. Les corporations, de plus grandes importances, peuvent, elles, réduire les frais de transport, pour conserver le même taux de profit.

Nous sommes à la fois un peu responsables et forcés d’agir ainsi. Mais le libéralisme devient de plus en plus légitime comme idéologie, uniquement pour ceux qui tirent leur épingle du jeu: les grands producteurs et les travaileurs qui font la gestion et la planification de ce type d’économie élitiste.

«En théorie, il devrait avoir moins en moins d'élevage industriels de volailles : le ministère de l'Agriculture donne actuellement 14 euros par mètre carré aux éleveurs qui raccrochent. Et ce plan de cessation d'activité avicole fait un tabac. L'état comptait faire disparaître d'un trait de plume 400 poulaillers industriels, on est déjà à 620 poulaillers ratiboisés (soit 620 000 m2)! Ces fermetures sont encouragées par les groupes agroalimentaires spéciallisés dans le poulet, qui vont réclamer jusqu'à un million de mètres carrés en moins. Pour eux, l'avantage est double : d'un côté ils se débarassent de poulaillers vieillissants, sur le dos du contribuable. De l'autre, ils signent des contrats avec d'autres éleveurs situés plus près des lieux de consommation de masse, à charge pour eux de construire avec leur propre deniers des élevages flambants neufs.

En clair, on va fermer des poulaillers en Bretagne et en ouvrir à la périphérie des grandes villes alors qu'il aurait été possible de mettre tout bêtement moins de poules par poulailler (actuellement, il y en a 28 au mètre carré). Et du coup d'améliorer la qualité. Encore une fois, c'est le consommateur qui se fait plumer...»

(Le Canard Enchaîné, 11 juin 2003)

jeudi, juin 12, 2003
 
La Nucléarisation

«Il est important de comprendre la logique qui a poussé des Etats à accepter le traité de non-prolifération nucléaire dans les années 60. De nombreux pays à cette époque n'avaient ni l'intérêt, ni la capacité, d'adopter ce type d'armes. Ils le signèrent donc.

Les pays riches comme le Japon et l'Allemagne auraient pu les acquérir facilement, mais ils ont considéré qu'il était plus intéressant de rester sous le parapluie américain.»

Depuis les deux derniers conflits, la situation a changée, car certains pays se sentent en danger en raison des motifs fallacieux pour lesquelles ont a évoqué la nécessité d’intervenir en Irak. Si l’on considère la faiblesse de cette supposée menace provenant d’un pays dont la technologie militaire est désuète, et la réponse américaine, démesurée, en violation des institutions et des mécanismes internationaux, si l’on considère que cette attaque fut faite pour impressionner les opinions publiques et les gouvernements récalcitrants, on admet que plusieurs régime devront augmenter leurs armements.

Il faut dire que

«cette attitude a relancé la pression exercée par les groupes favorables à ce type d'arme en Amérique du Sud et ailleurs. C'est pourquoi les Etats-Unis doivent cesser de proférer de telles menaces.»

mardi, juin 10, 2003
 
Le retour du Grand Jeu

La guerre froide fut une époque exceptionnelle, au sens où, le monopole de la force s’étant divisé en deux parts presque égales, l’on se trouvait devant une situation prévisible. Les détails des affrontements pouvaient être vécus par la majorité des sociétés dans lesquelles le journalisme et les autres médias se fesaient un devoir de rapporter les faits plus ou moins déformés, selon la position idéologique que l’on prenait.

Aujourd’hui la situation a bien changée. On pourrait affirmer que le Grand Jeu ressemble à une parti d’échec sans autres pièces que les pions. Autrement dit, 4 puissances inégales s’affrontent et vont s’affronter par l’entremise de petits pays, presque inoffensifs, mais qui n’en deviennent pas moins stratégiques.

Même si nous sommes présentement dans une période de paix entre les grands ensembles géopolitiques, ce n’est qu’une apparence, car des coups de nature saugrenue sont portés entre adversaires : la Chine, le Japon, la Russie et les Etats-Unis.

La raison pour laquelle on en n’a eut vent, c’est que la consigne précise dans les chancelleries est de ne pas les dévoiler. De tenir ce jeu essenciellement à l’abris des opinions publiques. De l'enfouir sous des conflits spectaculaires en feux d’artifices de bombes.

Les élites se proposent de régler leurs problèmes entre eux. Nous seront surpris, un beau jour d’apprendre que la situation est grave.

« Dans les semaines à venir, le Parlement japonais va étudier trois propositions de lois qui altèreront le caractère pacifiste de la constitution japonaise imposée à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cela alarme la Chine et la Corée du Nord et cela permettra au Japon de renforcer une puissance militaire déjà beaucoup plus importante que la plupart ne se l'imagine. Aujourd'hui, le Japon a dépensé 50 milliards de dollar par an pour sa défense lors des cinq dernières années mais reste dépendant des Etats-Unis tant qu'il ne dispose pas de l'arme atomique.

Beaucoup de politiciens japonais souhaitent voir l'article neuf de leur constitution abrogé, mais ils ne parviennent pas à convaincre la population. C'est pour cela qu'ils utilisent des lois qui en minimisent petit à petit la portée. Aujourd'hui, le Japon sait qu'il restera dépendant des Etats-Unis tant qu'il n'aura pas l'arme nucléaire alors qu'il est en mesure de l'acquérir. Aussi, plusieurs dirigeants politiques japonais se sont prononcés en faveur de son acquisition face aux menaces que représentent pour eux la Chine et la Corée du Nord. Certains vont même jusqu'à évoquer la possibilité de frappes préventives.

Même si la Japon restera un allié des Etats-Unis , l'Occident pourrait avoir à regretter le réarmement de ce pays.»

lundi, juin 09, 2003
 
Enronite

«Enron est né en 1985 de la fusion de deux distributeurs de gaz naturel, Houston Natural Gas et Internorth. Seize ans plus tard, c'est la septième plus importante entreprise des Etats-Unis, selon le classement Fortune 500. Au gaz, elle a ajouté la distribution d'électricité et les transmissions à haut débit sur un réseau de près de 25.000 kilomètres. Mais ce qui fait sa force et sa réputation, c'est le trading : l'an dernier, elle échange pour plus de 860 milliards de dollars de matières premières énergétiques. Autant dire qu'elle fait la pluie et le beau temps sur le marché.

C'est ainsi qu'Enron et son patron Kenneth Lay sont devenus la fierté de Houston, Texas. En l'an 2000, tandis que la nouvelle économie n'en finit pas de toucher le fond, l'action Enron gagne 90% et le groupe dépasse les 100 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Ses 26.000 employés sont répartis dans 40 pays. A la texane, Enron et Kenneth Lay n'ont pas le triomphe modeste.

Certaines opérations à l'origine des pertes récentes de Enron semblent douteuses. La SEC s'intéresse de près à l'acquisition par Enron, pour 35 millions de dollars, d'une société dirigée par plusieurs cadres importants, dont l'ancien directeur financier, Andrew Fastow, qui a démissionné le 24 octobre. Cette opération pourrait être la dernière d'une série de transactions qui auraient permis au groupe de sortir de son bilan des centaines de millions de dollars de dettes.

L'affaire pourrait aussi gêner la Maison Blanche. Le siège d'Enron se trouve à Houston, et la société a toujours été très liée aux milieux pétroliers texans et à la famille Bush. Elle a été un des plus importants donateurs de la campagne de George W. Bush. Ken Lay, directeur général de la société, est un proche du président. Il lui aurait apporté à titre personnel 1 million de dollars ces dernières années pour financer sa carrière politique. M. Lay était un des experts économiques de George W. Bush quand celui-ci était gouverneur du Texas et a été l'un de ses conseillers les plus écoutés lors de la campagne présidentielle.»

 
Hans Blix

«Dans le domaine nucléaire, les inspections permettent d'avoir des certitudes sur le long terme, mais pas dans le domaine chimique et biologique. Toutefois, une action armée et une occupation militaire, en plus de leur coût, ne permettent pas plus de s'assurer sur le long terme du non-développement des armes de destruction massive.»

vendredi, juin 06, 2003
 
Les vertus du libéralisme dans l’élevage en Europe

«Le ministre de l'Agriculture annonce le déblocage de fonds publics de 3 millions d'euros pour une nouvelle « restructuration » de la filière industrielle volailles. Le gouvernement vient ainsi compléter une enveloppe globale de 9 millions d'euros, destinée à une poignée d'industriels, afin de leur permettre :

-d'exclure volontairement environ 300 petits éleveurs de volailles : plan de cessations d'activités portant sur 400.000 m2 de poulaillers,

-de licencier plusieurs centaines de salariés

L' intervention de l'Etat se résume aujourd'hui à :

-financer les arrêts d'activités et licencier,

-se dégager de toute responsabilité de gestion du marché en finançant directement les responsables de la situation présente (les grands producteurs industriels).»

Les consommateurs auront le choix entre un produit local ou les poulets congelés brésiliens, à un coût moindre.


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