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Sauvage
lundi, avril 28, 2003
 
Iran/Corée de Nord, un traitement différent

Le gouvernement français aurait, paraît-il, été forcé de collaborer avec l’Iran, pour que ce pays puisse se doter d’armes nucléaires (lire Dominique Lorentz, Une guerre, qui prouve que certains assassinats furent perpétrés dans ce but). Ce qui explique que le gouvernement américain n’a rien sur la conscience dans ce dossier.

Pour la Corée, la situation est de loin plus embarrassante. Les faucons semblent plus conciliant puisque:

«La Corée du Nord est un pays que Donald Rumsfeld, le secrétaire d'Etat à la Défense US, connaît très bien. Avant d'être appelé par Bush junior, en janvier 2001, dans la nouvelle administration US, Mister Rumsfeld offrait ses services à une société bien particulière.

Il s'agit de ABB (Asea Brown Boveri LTD), un groupe dont la principale raison sociale réside dans la technologie destinée à la production énergétique. En 2000, cette société, dont le siège est en Suisse, avait conclu un contrat de la valeur de 200 millions de dollars avec le régime de Pyong Yang. Il s'agissait de livrer à la Corée du Nord des "projets et fournitures de composants pour deux réacteurs nucléaires de 1.000 mégawatts"»


mercredi, avril 23, 2003
 
Paul Wolfowitz, dit «Vélociraptor» (du nom du féroce dinosaure bipède)

«Fils d'un mathématicien d'origine polonaise, dont toute la famille restée en Europe est morte dans les camps nazis, Paul Wolfowitz a commencé par les mathématiques, lui aussi, avant de bifurquer vers les sciences politiques sous l'influence d'Allan Bloom. Professeur à l'université de Chicago et essayiste, Bloom, mort en 1992, était devenu célèbre en Europe, en 1987, avec L'Ame désarmée (éditions Julliard), un livre sur le déclin de la culture aux Etats-Unis.

Engagé, depuis trente ans, dans la réflexion stratégique, dans l'organisation militaire et dans l'action politique et diplomatique, Wolfowitz est l'un de ceux qui maîtrisent le mieux le fonctionnement de la puissance américaine et les rapports de forces internationaux.

Brzezinski le situe sur le même plan que Henry Kissinger, McGeorge Bundy ou lui-même, c'est-à-dire ces grands serviteurs des Etats-Unis, successivement universitaires et hauts fonctionnaires, conjuguant l'autorité intellectuelle et le pouvoir que donne la confiance d'un président. A l'arrière-plan, se dessine la silhouette de George Kennan, qui conçut la «doctrine Truman» d'endiguement du communisme après la seconde guerre mondiale.

C’est lui, le numéro deux du Pentagone, dont les idées l'ont emporté, au sommet de l'administration américaine, au cours de l'hiver 2001-2002.

Wolfowitz les avait formulées, dès 1992, dans un mémorandum consécutif à la première guerre du Golfe. Elles avaient alors été jugées dangereuses par le 41e président, George Bush Senior, et publiquement rejetées.

Wolfowitz affirme qu'il faut en finir avec la doctrine de l'endiguement ("containment"), caractéristique de la guerre froide, et recourir aux actions "préventives" contre les nouveaux ennemis de l'Amérique, perçus comme un "axe du Mal" (Irak, Iran, Corée du Nord). Il faut même aller plus loin, puisque la disparition de l'URSS le permet.

Admirateur de Lincoln, connaissant par coeur chaque grand épisode de la guerre de Sécession, Wolfowitz est de ces Américains messianiques pour qui «les intérêts des Etats-Unis sont beaucoup plus compatibles avec ceux des autres peuples » que ce n'est le cas pour aucun autre pays.

«Ce que ne comprennent pas les réalistes, dit-il de ses adversaires, c'est que la démocratie est un outil politique puissant. » C'est là le fondement de l'unilatéralisme de Paul Wolfowitz : sa foi dans l'universalité des valeurs américaines.»

Et un autre homme influent.

«Karl Rove, le puissant et mystérieux conseiller politique de George Bush, veut faire de cette guerre en Irak, ou plutôt des roulements de tambours qui la précèdent, un atout électoral.

Les élections de mi-mandat, qui auront lieu le 5 novembre 2002, approchent. D'ici là, il faut focaliser l'attention des électeurs sur la menace irakienne et ainsi la détourner des sujets sensibles: les scandales financiers à répétition qui ont ébranlé la croissance et menacent l'économie.

«Nous pouvons exploiter ce terrain [la guerre], a dit Rove devant les candidats de son parti, parce que les électeurs font plus confiance aux républicains [qu'aux démocrates] pour protéger l'Amérique.» La manoeuvre va fonctionner à merveille.»

vendredi, avril 18, 2003
 
Rumsfeld
Profession
Organisateur d’attentat ?



«Six mois avant les attentats, en mars 2001, « l'inimaginable » scénario du 11 septembre avait, en effet, été décrit par la Rand Corporation. Ce think thank financé par le lobby militaro-industriel était notamment dirigé par Donald Rumsfeld. Le secrétaire à la Défense en était administrateur depuis 1977 et bienfaiteur pour un montant annoncé de plus de 50 000 $. S'adressant à un auditoire d'officiers supérieurs de l'US Air Force, le vice-président des affaires extérieures de la Rand Corporation, Bruce Hoffman, avait expliqué : « Nous essayons de préparer nos armes contre Al Qaïda, l'organisation - ou peut-être le mouvement - associé à Ben Laden […] Pensez un moment à ce que fut l'attentat à la bombe contre le World Trade Center, en 1993. Maintenant, rendez-vous compte qu'il est possible de faire tomber la tour Nord sur la tour Sud et de tuer 60 000 personnes […] Ils trouveront d'autres armes, d'autres tactiques et d'autres moyens pour atteindre leurs cibles. Ils ont un choix évident d'armes, dont […] les drones [c'est-à-dire des avions télécommandés] ».

Comment Donald Rumsfeld a-t-il pu avoir une telle connaissance du scénario du 11 septembre ?

En janvier 2001, Donald Rumsfeld avait appelé de ses vœux de tels événements pour « forcer la main des bureaucraties réticentes ».

En mars, la Rand Corporation, dont il était administrateur, avait annoncé un probable attentat terroriste aérien sur le World Trade Center.

Le 10 septembre, il menaçait les fonctionnaires du Pentagone : «L'adversaire est ici. C'est la bureaucratie du Pentagone. »

Le 11 septembre, M. Rumsfeld a annoncé les attentats deux minutes avant qu'ils aient lieu.

Puis il avait annoncé que le Pentagone serait la prochaine cible.

Lorsque ces événements se sont produits, le secrétaire à la Défense les a exploités politiquement, dès les premières heures.

Les accusations portées contre Oussama Ben Laden dans l'organisation des attentats n'ont pas été étayées. Les preuves annoncées n'ont jamais été présentées au public. Une autre piste existe. D'importants soupçons sont portés sur Donald Rumsfeld. Le secrétaire à la Défense des États- Unis d'Amérique et son ami le général Jay Garner ont-il organisé les attentats du 11 septembre 2001 ?»

 
Portrait (mensonger ?) des grands magnats de la presse.

Les caractéristiques suivantes n’ont pas été puisées des biographies de ces grands personnages indigestes, mais c’est tout comme.

Pour commencer, ce sont d’infatigables travailleurs (lire aussi magouilleurs), et ils n’arrêtent que lorsque le dernier clou de leur tombe est définitivement fixé.

Pourquoi ?

Hypothèse: s’ils avaient un véritable travail créateur de richesse ou relié au don de soi, ils prendraient le temps de vivre avec leur famille et quelques véritables amis (la définition de Cicéron étant que l’amitié n’a lieu qu’entre hommes de biens, vertueux). Une bonne vie incite donc à relativiser le travail et les projets personnelles égoïstes.

Leur but étant plutôt de faire croître leur empire médiatique, ils considèrent leurs travailleurs comme des moyens secondaires que l’on pressure et contrôle au gré de leurs idées et de leurs projets. Ils va de soit qu’ils détestent les syndicats, et ils s’arrangeront pour que leurs journalistes ternissent cette image auprès du public.

Mais la première raison de leur acharnement repose davantage sur leur mégalomanie.

Ils ont découvert que le véritable pouvoir se trouvait du côté de l’information, de la manipulation de l’opinion publique. Ce qui oblige les politiques à ajuster leur agenda à ce que les magnats jugent être prioritaires, ou, encore, sain pour la société. Ce qu’ils appellent le débat est en fait le début de l’amorce d’un changement de politique dans une direction préétabli.

Ils choisissent le fédéraliste centralisateur, car il devient plus facile d’influé sur un gouvernement que sur une multitude qui, eux, représente plus fidèlement leur collectivité. Le modèle européen étant à bannir, puisqu’il renferme trop de législations à caractère éthique contraignant.

Ils détestent les impôts des corporations et celles qui les touchent particulièrement. Mais ils préconisent l’étranglement des particuliers, et surtout de la classe moyenne, qu’ils considèrent comme de vulgaires automates qui n’ont aucune ambition ou idée de grandeur, que l’on se doit d’abrutir dans le divertissement facile, ce qui les empêchera de trop réfléchir et de revendiquer.

En ce sens ils sont libéraux: les lois de l’économie de marché doivent jouer pour les petits producteurs et consommateurs, mais pour le « big business », ils leurs faut les subventions et les congés fiscaux, afin d’avoir aucun salaire à verser (le montant des subventions équivaux souvent à la masse salariale annuelle.

La déréglementation et les privatisations sont leurs principaux cheval de bataille.

Ils sont en faveur du port d’arme et de la peine de mort.

Ils ont l’injonction belliciste et l’insulte facile pour tous régimes qui n’ouvrent pas ses frontières à l’économie de marché.

Et pour finir, tout un paradoxe, ce sont finalement de grands contempteurs de la démocratie qu’ils haïssent viscéralement.

Fiction : Citizen Kane

Rupert Murdoch
Ted Turner
Bill Gates
Conrad Black
Paul Desmarais
P.K. Péladeau
Etc.

mercredi, avril 16, 2003
 
Les convictions et les certitudes qui vont bientôt encore s’écrouler

La toute-puissance de l’armée.
La probité du président.
La suprématie du dollar
L’autosuffisance (énergétique)
La robustesse de l’économie.

À ce moment, refleuriront les cycles d’œuvres cinématographiques qui rechercheront un coupable à la dégradation de l’esprit et des vertus de la nation.

vendredi, avril 11, 2003
 
Clausewitz disait que le but de la guerre consiste à désarmer l'adversaire pour lui imposer sa volonté, et que le but de la guerre cognitive est de désinformer pour imposer une perception favorable à sa volonté.

 
L’esprit belliqueux chez les hommes

La guerre, et plus que jamais avec la perfection de maléfice que les hommes y portent, aujourd’hui, est tenue, par eux, pour un malheur. «Aussi ont-ils depuis longtemps essayé de l’empêcher. Par des moyens dont l’histoire est jusqu’à ce jour l’histoire d’une longue faillite. Ici, ils proposaient une trève, dont ceux qui se sentaient les plus forts n’eurent jamais que risée; là, des cours d’arbitrage, auxquelles ils négligeaient de donner la force nécessaire pour qu’elles fissent respecter leurs verdicts; là, des sociétés des nations, dont ceux qui entendaient s’accroître se retiraient avec fracas, cependant que ceux qui eussent pu les forcer à la tranquilité refusaient les risques d’ennuis qu’impliquait cette contrainte. »

Julien Benda


mercredi, avril 09, 2003
 
«Les gouvernements tentent de séduire la classe moyenne avant et durant les élections. Étant surtaxé d'une manière subtile et difficilement perceptible à l'oeil non averti, cette catégorie de citoyen est obligée de travailler à temps double pour rejoindre les deux bouts.

Cette classe trouve peu de temps et de loisirs pour s'activer et s'engager en politique.»

Cette passivité relative laisse aux politiques les mains libres pour exécuter des projets qui bénéficieront, tout particulièrement, aux groupes de pression et aux bailleurs de fond des caisses électorales, desservant ainsi la population, plutôt que d’avoir la détermination de respecter leurs engagements.

 
Guy Debord et la société du spectacle

Le spectaculaire diffus

«Le capitalisme parvenu au stade de l’abondance des marchandises disperse ses représentations du bonheur, et donc de la réussite hiérarchique, en une infinité d’objets et gadgets exprimant, réellement et illusoirement, autant d’appartenances à des stratifications de la société consommatrice ; et tous ces objets sont démodés et renouvelés selon les nécessités de l’écoulement d’une production en expansion. Le spectacle des objets multiples qui sont à vendre invite à tenir des rôles multiples parce qu’il vise à obliger chacun à se reconnaître, à se réaliser, dans la consommation effective de cette production répandue partout. (...) Des ensembles d’objets admirables sont donc constitués, qui ont pour fonction de signifier un standing précis, et même une pseudo-personnalité, exactement identique aux objets qui la représentent.»

Encore plus actuel

« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats.»




 
Pétrole

La production actuelle de l'Irak avoisine les 3 millions de barils par jour, les capacités effectives du pays sont en réalité largement ignorées. Les réserves prouvées atteignent 112 milliards de barils (2e rang mondial) mais le volume total de pétrole en réserve est estimé à 250 milliards de barils, soit 10,6% des réserves mondiales.

Le coût de l'exploration et de l'extraction est évalué à seulement 1 US$ le baril, contre 2 en Arabie Saoudite, 3 à Abu Dhabi 10 à 12 aux Etats-Unis et 15 en mer du Nord. (le prix du marché oscillant entre 30 et 35 US$, le bénéfice minimum que réaliserait une compagnie serait donc de 29 US$ par baril vendu, soit 87 millions de US$ par jour, plus de 2,6 milliards de US$ par mois pour l'ensemble du pays.

Les champs pétrolifères sont actuellement exploités par la Société Nationale Irakienne de Pétrole (INOC), compagnie publique, qui, en cas de renversement du régime irakien, serait privatisée.

L'Irak a concédé des zones pétrolifères à des entreprises étrangeres (Total Fina Elf, Zarubezhneft et CNPC) qui les exploiteront dès la levée de l'embargo de l'ONU.

Bien sûr, les majors états-uniennes n'ont pas été sélectionnées pour exploiter ces gisements, le renversement du régime leur assurerait l'accès à ces gisements.

Pourquoi les Etats-Unis en ont besoin

La population des Etats-Unis représente 6 % de la population de la planète, consomme plus de 25 % de sa production d'or noir - un milliard de tonnes par an.

Une demande qui devrait continuer à croître annuellement de 1% pendant la prochaine décennie à cause de l'insatiable boulimie du secteur des transports (40% de la consommation finale en énergie du pays).

Les États-Unis achètent 45 % de leur consommation à l'étranger, le double d'il y a trente ans. Une proportion qui pourrait approcher 60 % d'ici à 2030. Ces importations proviennent à 65% du Proche-Orient (75% en 2020). Or les deux seuls pays "amis" des Etats-Unis dans cette région, la Turquie et israël, n'en possède pas.

La croissance de la production états-unienne est liée au prix du pétrole, le PIB augmente quand le prix du pétrole baisse, les Etats-Unis ont donc besoin d'assurer leur approvisionnement en pétrole ainsi que son prix.

"Ceux qui signent les chèques écrivent les lois" ou l'influence du lobby pétrolier

Pour la campagne 2002, les entreprises du secteur de l'énergie/pétrole ont donné 18 millions de $US aux républicains et 4,6 millions de $US aux démocrates. En 2000, elles ont distribué 34 millions de $US (78% aux républicains). En 1998, 21 millions de $US.

L'influence du complexe militaro-industriel

Le président du conseil de politique de défense, Richard Perle, a dû démissioner parce qu'il avait accepté d'aider Global Crossing, une société de télécommunications en règlement judiciaire, à obtenir l'autorisation du ministère de la défense pour être rachetée par un milliardaire de Hong-Kong. La société a offert à M. Perle 125 000 dollars pour ce travail de lobbying, augmentés de 600 000 dollars s'il réussissait.

M. Perle vient également de participer à une conférence organisée par la banque américaine Goldman Sachs pour conseiller les investisseurs sur les opportunités découlant de la guerre en Irak. Il aurait également rencontré un marchand d'armes saoudien pour évoquer la stratégie de la société Trirème Partners, dont Richard Perle est actionnaire, et qui investit dans le secteur de la défense et de la sécurité.

Sur les 30 membres de ce conseil, 9 ont des liens étroits avec les principales entreprises de l'armement, notamment Boeing, TRW, Northrop Grumman et Lockheed Martin .

Pour la campagne 2002, les entreprises de l'armement ont donné 8,7millions de $US aux républicains et 5 millions de $US aux démocrates. En 2000, elles ont distribué 13,5 millions de $US (78% aux républicains). En 1998, 9 millions de $US.

Le futur administrateur de l'Irak, le général américain Jay Gardner, qui doit assurer la supervision des opérations d'aide humanitaire et de reconstruction dans l'Irak d'après-guerre est président de la société SY Coleman, une entreprise d'armement qui a notamment travaillé sur les systèmes antimissile Patriot et Arrow.

mardi, avril 08, 2003
 
La colonne infernale

«Ils tirent sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui est suspect. C'est "Feu à volonté !". Ils adorent tirer au canon de 25 mm sur les portraits de Saddam. Ils n'ont pas de discipline de feu. L'initiative est laissée aux soldats, à des gamins de vingt ans. C'est pour cette raison qu'ils tirent aussi sur des civils. Une armée européenne ne se comporterait pas ainsi. D'ailleurs, en Irak, l'armée britannique tue nettement moins de civils, en maîtrisant mieux ses soldats.

Ils ont deux problèmes. Ils se vengent encore du 11 septembre, et il n'y a aucune sanction quand un soldat tue des civils. Leur but n'est pas de tuer des civils, mais ils ont un comportement de cow-boys. Ils tirent même sur les vaches !... J'ai l'impression que c'est aussi une manière de masquer leur peur. Ils ont très peur. Et ça empire à chaque fois qu'ils ont des pertes.»

dimanche, avril 06, 2003
 
LES RAISONS DES INTERVENTIONS MILITAIRES (2)

En raison de l’américano-centriste et du patriotisme qui semble habiter l’étas-uniens type, et surtout de l’esprit de vengeance qui sommeil au cœur des individus intégristes (islamiste et protestant), on peut dire que cette passion, la plus forte de toutes (avant même la jalousie-envie et la colère), anime l’irrationalité des actes posés.

En répondant à la violence par une seconde agression, le cycle de la violence se met en branle et nous entrons dans une zone d’ombre dans laquelle la suite des événements qui peuvent heurter deux civilisations, et leur fierté, en particulier, augure un avenir assez sombre.

À tous les sceptiques, il suffit de mesurer les sanctions qui s’abattront sur l’économie canadienne, suite aux états d’âmes d’un politicien, en mal de gloire, qui alla faire son exercice de moralisme, peu subtil, à New-York. Comme une gifle donnée au projet futur du gouvernement américain, son partenaire et allié géographique et politique apprendra sûrement de ses erreurs.

Donc le déclin financier, la perte progressive du dollar américain comme monnaie de référence, oblige la super-puissance de naguère à

«démontrer sa capacité militaire de manière à dissuader tout autre État d'entrer en compétition avec lui et à imposer définitivement son statut d'unique super-puissance militaire (doctrine Wolfowitz). »

Il faut compenser la perte de la suprématie économique par la démonstration de force militaire.

Et, ainsi tenter de

«contrôler l'accès aux ressources énergétiques de manière à disposer, à terme, d'armes économiques décisives pour exercer une domination (doctrine Kissinger).»

Pour la seconde raison, comme elle s’est imposée subrepticement, mais de façon de déterminante, on doit faire appel à la psychologie collective.

Le but de l’intervention en Irak pourrait être d’habituer les populations d’Occident à accepter lentement et progressivement, en les banalisant, les pertes civiles et militaires, en vu des prochains conflits qui s’annoncent de plus en plus meurtriers.

«Pour les néo-conservateurs au pouvoir à Washington, la guerre est un acte créateur permettant de régénérer le monde, comme les destructions d'emplois peuvent être des procédés de modernisation des outils de production.

Cinq grandes sociétés états-uniennes se partagent ce gigantesque gâteau. En premier lieu, le Bechtel Group. Cette société de BTP, la plus importante des États-Unis, est détenue depuis quatre générations par la famille Bechtel. L'un de ses administrateurs n'est autre que George Schultz, l'ancien secrétaire d'État de Ronald Reagan. Il préside par ailleurs le Conseil d'orientation du Comité pour la libération de l'Irak, le lobby pro-guerre financé par Lockheed Martin. L'alliance Lockheed Martin-Bechtel augure un nouveau type de business : la destruction d'un pays par un marchand d'armes, puis sa reconstruction par un bétonneur.

Schultz siège également à la direction de Gilead Science, le géant de la pharmacie dont Donald Rusmfeld était le Pdg jusqu'à son retour au gouvernement. Cette firme vient d'obtenir d'importants marchés publics dans le cadre de la prévention des attaques chimiques et biologiques. En effet, Rumsfeld a réussi à convaincre son opinion publique que le régime de Saddam Hussein détiendrait encore quelques armes de destruction massive qu'il lui avait lui-même vendues pendant la guerre Iran-Irak et que Bagdad envisagerait des les utiliser contre le peuple états-unien.

Au cours des dernières années, Gilead Science a tiré une grande partie de ses bénéfices des antiviraux qu'il produit pour traiter le sida. Le prix élevé de ces traitements ne permettant pas leur diffusion dans le tiers-monde, plusieurs États ont tenté d'en fabriquer hors licence. Ils ont été condamnés par l'OMC. En 1998, des antiviraux identiques ont été fabriqués hors licence par une usine pirate à Al-Shifa (Soudan). À la demande de Rumsfeld et de Schultz, Bill Clinton accusa le centre d'Al-Shifa d'être une couverture pour la fabrication d'armes de destruction massive par Al Qaïda et le fit bombarder. Diverses enquêtes internationales montrèrent ultérieurement que ces accusations étaient sans fondements.

Le deuxième lauréat du marché de reconstruction de l'Irak est la Compagnie Halliburton. Leader mondial des équipements pétroliers, cette société connaît bien ce pays où elle a reconstruit l'essentiel des installations de forage et de raffinage après la guerre de 1991. Son PDG était alors Dick Cheney, qui venait de commander la destruction du pays en qualité de secrétaire à la Défense de George H. Bush (le père). Bien qu'officiellement Cheney ait démissionné de ses fonctions dans le privé lors de sa désignation comme vice-président de George W. Bush (le fils), il continue néanmoins à percevoir des émoluments résiduels approchant le million de dollars annuel.»

La troisième raison serait reliée à une ressource vitale, soit le contrôle des nappes phréatiques. Au Moyen-Orient, beaucoup de haines et de conflits s’articulent autour de cette ressource. Les conflits à venir démontreront la vérité de cette assertion.

Le capitalisme devient, dans ses conditions, un type d’économie d’agression, de contrôle et de domination.

Effondrement de l'économie US et de son $

« L'économie états-unienne est intimement liée au rôle du dollar comme monnaie de réserve et comme monnaie mondiale d'échange. Si les principaux pays exportateurs de pétrole et de gaz décidaient de procéder à tout ou partie de leurs ventes en euros, les pays consommateurs seraient amenés à vendre une partie des dollars de leurs réserves pour acheter des euros. Le besoin mondial de billets verts diminuant, le cours du dollar - reposant en grande partie sur son hégémonie - chuterait, privant le pays de son premier bien d'exportation. Le contrecoup serait phénoménal pour l'économie du pays qui, privé de son contrôle monétaire et commercial mondial, ne pourrait plus assumer ses propensions impérialistes. »




mercredi, avril 02, 2003
 
LES RAISONS DES INTERVENTIONS MILITAIRES (1)

Le gouvernement américain et certains commentateurs tiennent à rappeler à l’Europe le courage de leurs soldats, qui ont sut les libérer de la tyrannie et de la terreur allemande. Pour être plus précis, il faudrait ajouter que l’Union Soviétique et la Résistance ont aussi participé, et que, malgré tout, on ne doit pas trop exagérer, car, à l’époque, une grande partie des forces allemandes étaient exsangues, pour ne pas dire ruinées. La question n’était pas de savoir si Hitler serait vaincu, mais quand cela aurait lieu. S’il s’agissait de véritable courage, alors l’intervention américaine aurait du être décidé bien avant.

Cette mise en situation peut nous éclairer, sur les méandres du conflit actuel. On ne doit pas dire que l’on assiste à une guerre, puisque l’on ne fait pas la guerre avec un pays dont les forces et les infrastructures sont dans un état lamentable, dans lequel un seul homme décide de la stratégie militaire, et dont, heureusement ou malheureusement, on ne peut dire qu’il serait particulièrement sagace. En fait, pire encore, étant donné qu’il mord à tous les appâts et les pièges qui lui sont tendu, on peut soupçonner qu’il n’est pas doué d’une grande intelligence.

Si l’on veut se pencher adéquatement sur les mobiles du conflit militaire présent, on se doit d’opérer une réflexion qui débute par une forme de tabula rasa.

Lorsque chacun s’exprime en utilisant la thèse du pillage des ressources pétrolières irakiennes, je crois que ce n’est pas de cette manière que la compréhension du problème peut advenir. Au contraire, c’est au ressassement de lieux communs, de clichés, de préjugés et de simplifications outrées que l’on assiste. Je pars du principe que penser oblige, nécessairement, qu’au moins plusieurs réponses doivent apparaître, sinon le discours se trouve bloqué, car la condition principale ne s’y trouve pas; c’est-à-dire la lenteur et la durée prolongée que demande la découverte des raisons profondes.

Souvent, lorsqu’il faut cacher les mobiles réels, on s’assure de laisser à découvert, une raison précise et évidente, que tous pourrons trouver, et ainsi passer à côté des véritables motivations, pour que la stratégie à long terme, d’une super-puissance, ne soit pas décodable, du moins, au premier abord.

L’Homme est aussi être d’aveuglement. À partir de postulats "invérifiés", il opère dans l’erreur et la confusion. Dans ce cas-ci, on prétend que l’entourage du gouvernement Bush est tellement grossière et prévisible, voir amateur, que, nous sommes tous à même de voir clair dans leurs jeux.

Je prétend, au contraire, qu’il n’y eût jamais, auparavant, d’équipe aussi forte et machiavélique, aussi doué et cruel que l’est celle, qui aujourd’hui, se position de manière si agressive et déterminé, afin que l’Empire américain décline progressivement, sans trop de heurt.




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