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Sauvage
jeudi, février 27, 2003
 
Les liens financiers occultes des Bush et des Ben Laden


Est-ce que ce type d’information reste, malgré tout, crédible ?

« Au lendemain des attentats, des manœuvres caractéristiques du " délit d'initié " ont été constatées dans les six jours précédents l'attaque. L'action United Airlines (compagnie propriétaire des avions qui se sont écrasés sur la tour sud du WTC et à Pittsburg) a artificiellement chuté de 42 %. Celle d'American Airlines (compagnie propriétaire de l'appareil qui s'est écrasé sur la tour nord du WTC, et de celui qui se serait écrasé sur le Pentagone) a chuté de 39 %. Aucune autre compagnie aérienne dans le monde n'avait fait l'objet de manœuvres comparables, à l'exception de KLM Royal Dutch Airlines. De sorte que l'on peut déduire qu'un avion de la compagnie hollandaise avait probablement été choisi pour faire l'objet d'un cinquième détournement.

Des agissements identiques ont été constatés sur les options de vente des titres de Morgan Stanley Dean Witter & Co qui ont été multipliées par douze dans la semaine précédant les attentats. Or, cette société occupait vingt-deux étages du WTC. De même pour les options de vente sur les actions du premier courtier en Bourse du monde, Merrill Lynch & Co, dont le siège social se trouve dans un immeuble voisin menacé d'écroulement, qui ont été multipliées par vingt-cinq. Et surtout pour les options de vente sur les actions des assureurs impliqués : Munich Re, Swiss Re et Axa.

La Commission de contrôle des opérations boursières de Chicago a été la première à donner l'alerte. Elle a constaté qu'à la Bourse de Chicago, les initiés avaient réalisé 5 millions de dollars de plus-values sur United Airlines, 4 millions de dollars sur American Airlines, 1,2 millions de dollars sur Morgan Stanley Dean Witter & Co et 5,5 millions de dollars sur Merrill Lynch & Co.

Il a été possible d'établir que la majeure partie des transactions avait été " portée " par la Deutsche Bank et sa filiale américaine d'investissements, Alex. Brown. Cette société était dirigée, jusqu'en 1998, par un personnage haut en couleurs, A. B. Krongard. Capitaine des Marines, féru de tir et d'arts martiaux, ce banquier est devenu conseiller du directeur de la CIA et, depuis le 26 mars, numéro trois de l'Agence de renseignement américaine.

Tout se passe donc comme si, malgré les déclarations bellicistes des dirigeants occidentaux, on avait renoncé à mener les investigations jusqu'à leur terme et que l'on avait rapidement déclaré forfait.

Au demeurant, les initiés ont prudemment renoncé à percevoir 2,5 millions de dollars de plus-values sur American Airlines qu'ils n'avaient pas eu le temps d'encaisser avant que l'alerte ne soit donnée.


Ben Laden

Partenaires réguliers d'Oussama Ben Laden, Khaled Ben Mahfouz est un homme d'affaires respecté sur les places financières internationales. La chose est d'autant plus troublante, qu'il fut au cœur du principal scandale bancaire du début des années 90, le crack de la BCCI .

La Bank of Credit and Commerce International (BCCI) était un établissement anglo-pakistanais présent dans soixante-treize pays.

Elle fut utilisée par Ronald Reagan pour corrompre le gouvernement iranien pour qu'il retarde la libération des otages américains de l'ambassade de Téhéran et saboter ainsi la fin de la présidence de Jimmy Carter (opération dite " October Surprise "). Puis, sous l'impulsion de l'ex-directeur de la CIA et vice-président George Bush (père), l'administration Reagan utilisa encore la
BCCI pour faire transiter les dons saoudiens aux Contras du Nicaragua, et pour faire transiter l'argent de la CIA vers les Mujahidines en Afghanistan. La BCCI est également impliquée dans les trafics d'armes du trader syrien Sarkis Sarkenalian, dans le scandale Keatinga aux USA, dans les affaires du trader Marc Rich, dans le financement du groupe Abu Nidal, etc. En définitive, la banque sombra lorsqu'il fut établi qu'elle blanchissait aussi l'argent du Cartel de Medellin. Elle grugea un million de petits déposants
lorsqu'elle ferma ses portes.

Le fait que la BCCI a pu être manipulée, sinon créée, par la CIA ne doit pas surprendre. Il existe une longue tradition bancaire dans les services secrets américains depuis la fondation de l'OSS par des juristes d'affaires et des courtiers de Wall Street. Deux anciens directeurs de la CIA, Richard Helms et William Casey, ont travaillé à la BCCI, ainsi que deux prestigieux agents d'influence de la CIA, Adnan Khashoggi et Manucher Ghobanifar (les principaux traders de l'Irangate).

La BCCI travaillait en étroite collaboration avec la SICO, filiale suisse d'investissement du Saudi Ben Laden Group, et l'on remarquait parmi ses administrateurs, l'un des frères d'Oussama Ben Laden, Salem.

Un an avant sa banqueroute, la BCCI servit à monter une vaste opération d'enrichissement illicite de George Bush Jr, alors directeur d'une petite société pétrolière, Harken Energy Corporation. Harken emporta les concessions pétrolières du Bahrein, comme rétrocommission des contrats américano-koweïtiens négociés par le président George Bush père.

Carlyle Group

Les principaux responsables et clients de la BCCI se retrouvent aujourd'hui dans le Carlyle Group, un fonds de placement créé en 1987, soit quatre ans avant la déconfiture de la banque. Carlyle gère aujourd'hui un portefeuille de 12 milliards de dollars. Il détient des participations majoritaires dans Seven Up (qui assure la mise en bouteille pour Cadbury Schweppes), Federal Data Corporation (qui a par exemple équipé la Federal Aviation Administration de son système de surveillance du trafic aérien civil) et United Defence Industries Inc. (le principal équipementier des armées américaines, turques et saoudiennes). À travers les sociétés qu'il contrôle, le Carlyle Group arrive au 11ème rang des compagnies d'armement américaines.

En 1990, le Carlyle Group a été mis en cause dans une affaire d'extorsion de fonds. Un lobbyiste du Parti républicain, Wayne Berman, avait racketté des fonds de retraite américains pour financer les campagnes électorales des Bush.

The Carlyle Group gère l'essentiel des placements financiers du Saudi Binladen Group.

Contrairement à une idée reçue, Oussama Ben Laden n'est pas seulement un sous-traitant de la CIA, employé pour combattre le nationalisme arabe, puis l'URSS, au nom de l'islam radical. Il a été - et sa famille reste - l'un des principaux partenaires financiers de la famille Bush.

S'il est exact, comme le prétendent de nombreux officiels américains, que la famille Ben Laden continue à entretenir des relations avec Oussama et à financer ses activités politiques, alors le Carlyle Group, qui gère les placements financiers du Saudi Binladen Group, serait nécessairement impliqué dans les délits d'initiés. Georges Bush père serait alors l'un des heureux bénéficiaires
des manœuvres boursières du 11 septembre 2001.»



mardi, février 25, 2003
 
L'OMS "infiltrée par l'industrie alimentaire"

Selon un rapport confidentiel obtenu par le Guardian, l'industrie alimentaire a infiltré l'Organisation Mondiale pour la Santé, comme l'avait fait l'industrie du tabac, et elle a réussi à exercer une "influence non-négligeable" sur des politiques destinées à préserver la santé publique ; politiques qui visaient à limiter la consommation de gras, de sucre ou de sel.

Ce rapport, rédigé par un consultant indépendant à l'OMS contient plusieurs découvertes :

* les industries alimentaires ont tenté de placer des scientifiques favorables à leurs idées au sein des comités de l'OMS et de la FAO (Food & Agricultural Organisation ~ organisation pour l'agriculture et la nourriture )

* elles ont aidé financièrement des Organisations Non Gouvernementales (ONG) qui étaient invitées à des discussions formelles avec les agences des Nations-Unies concernant des dossiers clés.

* elles ont subventionné des groupes de recherche et d'application favorables à leurs idées

* elles ont payé des personnes chargées de promouvoir une "idéologie anti-régulation" auprès du public, par exemple dans des articles de presse.

"Les déplacements des experts - des toxicologues en particulier - sont aisés entre les sociétés privées et les universités, entre les industries de l'alimentation et du tabac ou les agences internationales ; ceci facilite les conditions pour des conflits d'intérêts". C'est ce qu'affirme Norbert Hirschhorn, un universitaire du Connecticut spécialiste de santé publique qui a fait des recherches dans les
archives sur les litiges en référence aux sociétés alimentaires qui appartiennent ou sont liées à l'industrie du tabac aux Etats-Unis.

Il a découvert que l'on peut raisonnablement soupçonner l'exercice d'une "influence non-négligeable" pour ce qui concerne les politiques en matière d'alimentation décidées par la FAO ou l'OMS ; notamment celles traitant des conseils en diététique, de l'utilisation de pesticides, d'additifs, d'acide gras modifié ou de sucre.

"L'industrie alimentaire est considérablement engagée dans la nourriture génétiquement modifiée et l'industrie du tabac a effectué des recherches très poussées pour ses propres produits ; ceci montre bien que l'industrie du tabac a également prévu de peser lourdement dans le débat sur les biotechnologies".

L'OMS et la FAO ont besoin des données scientifiques détenues par l'industrie alimentaire, précise le rapport, mais ces données doivent être claires, accessibles et ouvertes au débat public.

"L'Institut International des Sciences de la Vie ( IISV / ILSI : International Life Sciences Institute ), une organisation appointée par les industriels, a réussi à mettre ses experts en place et travaille sur tous les fronts des politiques concernant la nourriture et le tabac : lors de conférences, dans les comités de l'OMS et de la FAO et même au sein de l'OMS, avec à l'appui, des monographies, des articles de journaux classiques ou spécialisés".

Les critiques les plus virulentes contenues dans le rapport vont à l'encontre de l'IISV ; cet institut a quand même été mis sur pied à Washington en 1978 par la Fondation Heinz, Coca- Cola, Pepsi-Cola, General Foods, Kraft (propriété de Philip Morris) et Procter & Gamble. Jusqu'en 1991 l'IISV était dirigé par Alex Malaspina, vice-président de Coca-Cola !!

Le docteur Malaspina n'a cessé de présenter l'IISV comme une ONG "en relation officielle" avec l'OMS et a assuré son "statut de consultant spécialisé" auprès de la FAO.

(Sarah Boseley - The Guardian , 8 janvier 2003 )


lundi, février 24, 2003
 
Distinguo (Connaissance/Savoir)

On dit des connaissances que se sont des faits empiriques, des informations objectives vérifiables, des théories, bref un ensemble d’énoncés falsifiables, donc qui peuvent être vérifiés ou infirmés. Ce sont des jugements déterminants qui traitent des phénomènes et, parfois, de leurs explications à l’aide d’hypothèse, qui pourront ensuite devenir des théories.

Le savoir, lui, peut se servir des découvertes, mais les ré-intègre dans la dimension humaine, car dans certains cas les faits sont contredits, ou, nuancés, par le jugement, l’appréciation, les tendances, les préférences, (…). Ce qu’un philosophe appelait la perspective. Nous pouvons aussi l’opposer à l’information, en employant plutôt le terme de formation subjective. Ce qui nous amène à la partie plus philosophique que scientifique de la connaissance. Nous quittons les faits pour s’introduire dans les idées. À ce sujet, on peut dire que les préceptes moraux nous sont communiqués sous la forme de la connaissance, mais pour devenir une morale intérieure, et non plus formelle, ils doivent être repris de manière vivante, par la conception de l’être humain que ce donne chaque personne ( individu : empirique, sociale, général / personne : psychologique, particulière, unique )

Par ailleurs, nous avons tous une façon de voir le monde selon les composantes de notre personnalité. Un exemple : si je suis de nature pessimiste ( Schopenhauer ), je vais insister davantage sur la négativité et ainsi creuser des aspects, pour ce qui est de la majorité des questions humaines, que d’autres ne pourront voir, et même accepter.

Mais une chose est certaine.

Une partie de ce savoir demeure juste, étant né d’une sensibilité personnelle qui tente de répondre de manière universelle.



dimanche, février 23, 2003
 
Les Quinze s'entendent enfin contre les fuites de capitaux

La vieille Europe reste quand même assez dynamique.

« La fiscalité de l'épargne était en chantier depuis quatorze ans. Les Etats membres
s'étaient lancés dans un désarmement fiscal unilatéral afin d'attirer les capitaux.
En quelques années, chacun était devenu le paradis fiscal de l'autre.

Plus question, dans un avenir proche, de planquer ses économies à l'étranger pour
échapper à l'impôt. Les ministres des Finances de l'Union européenne se sont mis
d'accord, mardi soir, à la surprise générale, pour que tous les revenus de l'épargne
soient taxés. Jusqu'à présent, les capitaux pouvaient fuir à l'étranger pour échapper
aux appétits du fisc. Cette mesure longtemps attendue apparaît comme une mesure
de justice fiscale évidente : un travailleur, lui, n'a aucun moyen de se soustraire à
l'impôt. Pendant quatorze ans, elle a donné lieu à une bagarre entre les pays
concernés, en particulier le Royaume-Uni et la Suisse.»


samedi, février 22, 2003
 
Hypocrisie et brutalité

« C'est Rumsfeld, si on en croit Newsweek, qui a organisé à l'époque les arrivages
de produits chimiques qui ont servi ensuite à Saddam à gazer les Kurdes.
L'aide militaire alors secrètement fournie par Rumsfeld aurait également permis à
Saddam d'envahir le Koweït en 1990.»

« La nouvelle doctrine militaire états-unienne est le « Shock and Awe »
(« choquer pour se faire respecter »). Inspirée des bombardements de Guernica,
Dresde, Tokyo, Nagasaki et Hiroshima, son principe est d'infliger à l'ennemi une
souffrance massive et brutale qui le laisse hébété et convaincu qu'aucune
résistance n'est possible.»


 
Géopolitique du chaos (Ramonet)

« Avec le krach d'octobre 1987 et le dégonflement de la "bulle" financière,
les faillites se sont succédé en cascade et l'on a alors découvert d'incroyables
escroqueries propres à l'économie-casino. Au Japon [...], sur la liste des dix
plus grandes fortunes publiée par le mensuel Nikkei Ventre, on ne trouve que
trois milliardaires devant leurs richesses à des activités relevant de l'économie
réelle. Les autres sont des spéculateurs.

De nombreuses personnalités qui durant la seconde moitié des années quatre-
vingt avaient été citées en modèle à cause de leur foudroyant enrichissement
ont été inculpées d'escroquerie, d'extorsion, d'abus de confiance et de corruption
de divers ordres. Elles se sont souvent retrouvées en prison. Les héros étaient
des tricheurs. La liste est interminable qui va de Robert Maxwell à Bernard Tapie.

Leur conception de l'économie-casino a été directement responsable, entre
autres, de la débâcle des caisses d'épargne américaines (40 milliards de
dollars de pertes) qui a entraîné la ruine de milliers d'épargnants, ou de la
déconfiture du Crédit Lyonnais en France (plus de 100 milliards de francs
de pertes). Cela prouve, une fois encore, le fallacieux présupposé, rappelé
ironiquement par John K. Galbraith, et qui voudrait faire croire que "les gros
capitaux seraient nécessairement entre des gens doués d'une puissance
intellectuelle exceptionnelle".

L'ère ouverte par Ronald Reagan et caractérisée par la déréglementation et
les golden boys se terminait de manière affligeante. La plupart des grands
héros de la Bourse, ceux dont l'enrichissement foudroyant émerveillait le
monde et semblait montrer l'efficacité du capitalisme flamboyant – les Ivan
Boesky, Michael Milken, Martin Siegel, Dennis Levine, John Gutfreund –
se sont révélés être des imposteurs et ont souvent fini en prison.

Leur fureur spéculative, et celle de leurs émules avaient fini par mettre en
péril non seulement le système boursier américain (cf. le krach d'octobre
1987), mais le système financier international. »


vendredi, février 21, 2003
 
La mondialisation

Les individus qui n'acceptent pas la mondialisation, seraient, au même titre que
les nationalistes, condamnables, puisque passéistes; d'autant plus qu'il seraient
contre l’évolution et le progrès, parce qu’ils ne veulent pas voir que ce
phénomène a amélioré et favorisé le développement de l’économie mondiale.

Il faut rectifier ce jugement négatif, car c’est la vitesse de création-destruction
qui inquiète davantage les opposants.

« Le plus grave, dans cette instrumentalisation idéologique de la mondialisation,
c'est évidemment de condamner par avance – au nom du "réalisme" – toute velléité
de résistance ou même de dissidence. Sont ainsi frappés d'opprobre ou définis
comme "populistes" tous sursauts républicains, toutes recherches d'alternatives,
toutes tentatives de régulation démocratique, toutes critiques du marché.
La mondialisation n'est ni une fatalité incontournable, ni un "accident" de l'histoire.
Elle constitue un grand défi à relever, une sauvagerie potentielle à réguler,
c'est-à-dire, au bout du compte, à civiliser. C'est politiquement qu'il s'agit de
résister à cette obscure dissolution de la politique elle-même dans la résignation
ou la désespérance.»



jeudi, février 20, 2003
 
Sauver la solution des deux États

« Les Palestiniens veulent la constitution de deux États égaux, mais la politique
israélienne d'occupation rend impossible tout effort vers une solution pacifique
du conflit. Le « plan de route pour la paix » proposé par le quatuor diplomatique
n'échappe pas à ce constat. En effet, il néglige la cause profonde du terrorisme,
c'est-à-dire la frustration engendrée par la multiplication des colonies israéliennes
et par l'occupation.

Le fameux mur de sécurité construit par les Israéliens ne garantit pas la sécurité
d'Israël et ne se situe pas sur une frontière. Sa fonction est d'empêcher les
Palestiniens d'accéder à des ressources qui se trouvent de l'autre côté du mur.
Tant qu'Israël persistera dans cette politique, nous ne pourrons pas avoir confiance,
or la confiance est la base de toute discussion. Aujourd'hui, plus de la moitié de
l'opinion publique israélienne est favorable à la création d'un État palestinien.
Ariel Sharon lui-même s'est rangé à cette position pour séduire ses électeurs.
Cependant, ce qu'il veut, c'est un État ghetto, sans ressources d'eau ou de terres
arables et qui n'aurait de souverain que le nom.


 
La richesse qui ruisselle sur les pauvres

« De la redistribution, certes, mais de la redistribution faite non par l'Etat,
mais par les nantis. Bref, de la charité. Je me sers d'abord, puis je sers les autres.
La part du pauvre. Cela s'appelle le trickledown effect. L'effet percolateur.
La richesse qui finit par ruisseler sur les pauvres, du haut en bas.
Mais d'abord laissez-nous devenir plus riches, après, vous verrez que ça
vous profitera." »

Dans une économie à forte proportion financière, et dans laquelle on a de moins
en moins besoin de travailleurs des secteurs primaire et secondaire, où l’on veut
aussi réduire, maintenant, le nombre des emplois reliés aux services, on se
demande justement à qui reviendront les futurs gains de productivité ?
Ce sera, évidemment, avant tout, aux grands détenteurs d’actions.

Par qu’elle opération magique va-t-on permettre aux travailleurs de profiter de
cette richesse ? Travailleurs, à qui l’on dit, par ailleurs, qu’ils devront produire
des produits à forte valeur ajoutée, sinon ils perdront leurs emplois au profit des
pays, dont l’économie est en décollage et à un niveau moins développé.

Comme si ceux qui croient en l’économisme n’étaient pas des gardiens de
chapelles, qui ont eux aussi leur credo.


mardi, février 18, 2003
 
Un crime de guerre ou un acte de guerre ?

New York Times

Stephen C. Pelletiere est auteur d'Iraq and the International Oil System :
Why America Went to War in the Persian Gulf. Il était analyste politique pour
l'Irak à la CIA pendant la guerre Iran-Irak puis professeur à l'Army War College
(1988-2000). Il a été à la tête de l'équipe d'investigation sur les techniques de
guerre irakienne pendant la guerre du Golfe en 1991.

« Le président Bush, manquant de preuves sur les armes irakiennes, a relancé
l'argumentation morale pour justifier l'invasion de l'Irak en rappelant dans son
discours de lundi que Saddam Hussein avait gazé les Kurdes irakiens pendant
la guerre Iran-Irak. Pourtant, vu les éléments dont nous disposons et dont nous
sommes sûrs, le seul fait établi, c'est que les Kurdes vivant à Halabja ont été tué
par des gazs.

Compte tenu de mes anciennes fonctions, j'ai étudié personnellement ce drame
et j'ai eu accès à des documents classifiés. Ce que nous savons avec certitude,
c'est qu'une bataille entre l'Iran et l'Irak a eu lieu près d'Halabja, que les Irakiens
ont utilisé des gaz de combat à cette occasion et que ce sont des gaz qui ont
tué les Kurdes. Nous sommes donc sûrs qu'ils n'étaient pas les cibles de Saddam
Hussein. Immédiatement après cet événement la Defense Intelligence Agency
avait procédé à une enquête dont les résultats furent classifiés et qui avaient
conclu que c'était des gaz iraniens et non irakiens qui avaient touchés les
Kurdes, les gaz utilisés n'étant pas détenus par Bagdad.

Bien que ce rapport soit connu, l'argument du génocide d'Halabja est encore
utilisé. Ce rapport est présenté comme une preuve des faveurs dont bénéficiait
Bagdad à l'époque. Je n'essaye pas de réhabiliter Saddam Hussein et il existe
peut-être de bonnes raisons d'attaquer l'Irak, mais celle du génocide kurde n'en
est pas une. En revanche pour comprendre l'intérêt des États-Unis pour l'Irak,
il est intéressant de se pencher sur la bataille d'Halabja.

En effet, si tout le monde sait que l'Irak détient de grandes réserves pétrolières,
on sait moins qu'il possède d'immense ressources en eau et sans doute le plus
important système fluvial du Proche-Orient. Il existe un grand système de
régulation et de barrage de l'eau près d'Halabja et c'est de cela que les Iraniens
voulaient s'emparer, en 1988. Si les États-Unis contrôlent l'Irak, ils contrôleront
l'eau de ce pays et donc tout le Proche-Orient pour des décennies.

Ils pourront de plus en tirer de grands revenus pour leurs entreprises.»


lundi, février 17, 2003
 
Un pas en avant, trois petits pas en arrière

« Le milieu de la décennie 70 marque une cassure très nette, qui traduit un triple mouvement de réaction sociale, raciale et anti-étatique, au sens de mouvement visant à restaurer un ordre antérieur. Il s'agit d'abord d'une réaction de classe contre l'expansion des droits sociaux et contre l'amélioration lente mais réelle de la condition salariale, suite à une très
forte mobilisation du patronat. C'est durant cette période qu'éclosent les "think tanks" néoconservateurs, ces fameux instituts de conseil en politique publique qui vont mener le réarmement idéologique de la droite et développer un nouveau discours d'apparence savante visant à museler, puis à démanteler pan à pan l'Etat-providence et à déréguler
le marché du travail.

Résultat, les Etats-Unis entrent dans une période d'un quart de siècle durant laquelle le salaire minimum baisse fortement en valeur réelle (il est encore aujourd'hui de 20 % inférieur à celui de 1968), le salaire ouvrier moyen s'érode et le revenu familial moyen stagne. Pour arriver à maintenir son niveau de vie, la classe moyenne doit augmenter le nombre de salariés par ménage et tout le monde accroître les heures ouvrées durant l'année (d'après une enquête récente du Bureau International du Travail, l'Amérique est le seul pays avancé dans lequel les gens travaillent plus aujourd'hui qu'il y a vingt-cinq ans, beaucoup plus même puisqu'ils sont entretemps passés devant le Japon en la matière).

La désyndicalisation est très brutale : les secteurs traditionnellement syndiqués, notamment, subissent des licenciements massifs, les salariés restants se soumettent par peur de perdre leur boulot et le patronat recourt systématiquement à des officines juridiques spécialisées dans l'obstruction aux organisations syndicales.

Résultat, l'emploi précaire, le chômage de masse et le sous-emploi se développent, puis, à partir de la fin des années 80, le travail désocialisé s'institutionnalise, devient "normal" pour tous ceux qui n'ont pas les titres scolaires permettant de postuler aux emplois qualifiés encore protégés.

Il faut savoir qu'aujourd'hui, les deux tiers des salariés américains situés au bas de l'échelle socioprofessionnelle (dans des emplois ne requérant pas de diplôme) travaillent sans couverture médicale et quatre sur cinq ne cotisent pas pour une retraite. Et, globalement, les ouvriers étatsuniens gagnent aujourd'hui 44 % de moins que leurs homologues européens. Ces conditions d'emploi dites "flexibles", que certains souhaitent importer en Europe sous couvert de "modernité" et sous prétexte de "mondialisation" sont un retour, à l'orée du vingt-et-unième siècle, au salariat sauvage de la fin du dix-neuvième. »

Entretien avec Loïc Wacquant



jeudi, février 13, 2003
 
Antonin Artaud

Artaud fut l'auteur qui explora le plus adéquatement possible les expériences
limites. En ce sens il n’écrit pas pour le commun des mortels. Si peu de gens
peuvent le suivre, il n’en est pas pour autant à négliger.

Les éditions Gallimard consacrent 30 volumes, ou presque, pour diffuser son
œuvre intégrale. Quel auteur contemporain sera encore actuel et valable dans
seulement 20 ans ?

Pour une introduction assez exhaustive et représentative du génie d’Artaud,
on peut lire :

- L’Ombilic des Limbes
- Le Théâtre et son Double
- Héliogabale ou l’Anarchiste couronné
- Les Nouvelles Révélations de l’Être
- Le Mexique et la civilisation
- Les Tarahumaras
- Artaud le Mômo
- Van Gogh le suicidé de la société

Ce qui suit est tiré du tome 1b.

Introspection de la fatigue

Sans une grande douleur il n’est pas de véritable intelligence. L’intelligence est
avant tout éloignement, séparation. Elle est indulgence. Qui n’a pas souffert dans
l’essence de son être ignore la difficulté de la vie. Car il ne suffit pas d’apprendre
à penser, il faut d’abord être. Il faut avoir le commencement de la pensée.
Aucune finesse mentale ne me touche chez qui pense normalement.
C’est trop facile.

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La vérité de la vie est dans l’impulsivité de la matière. L’esprit de l’homme est
malade au milieu des concepts. Ne lui demandez pas de se satisfaire, demandez-
lui seulement d’être calme, de croire qu’il a bien trouvé sa place. Mais seul le fou
est bien calme.

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(…) nous ne parlons pas du vieux mal humain. C’est d’autres besoins que notre
esprit souffre que ceux inhérents à la vie. Nous souffrons d’une pourriture, de la
pourriture de la Raison.

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(…) La vérité est que je ne comprends pas le suicide. J’admets qu’on se sépare
violemment de la vie, de cette espèce de promiscuité obligée des choses avec
l’essence de notre moi, mais le fait lui-même, le caractère aventuré de ce
détachement m’échappe.

Depuis longtemps la mort ne m’intéresse pas. Je ne vois pas très bien ce que l’on
peut détruire de conscience en soi : même en mourant volontairement. Il y a une
irruption obligée de Dieu dans notre être qu’il nous faudrait détruire avec cet être,
il y a tout ce qui touche cet être et qui est devenu partie intégrante de sa substance,
et qui cependant ne mourra pas avec lui. Il y a cette contamination irréductible de
la vie, il y a cette invasion de la nature qui par jeu de réflexes et de compromissions
mystérieuses pénètre beaucoup mieux que nous même jusqu’au principe de notre
vie. De quelque côté que je regarde en moi-même, je sens qu’aucun de mes gestes,
aucune de mes pensées ne m’appartient.

Je ne sens la vie qu’avec un retard qui me la rend désespérément virtuelle.





mercredi, février 12, 2003
 
Quand de petits criminels prennent le pouvoir

Tout devient possible au nom de la sécurité du pays qui se prétend le digne
représentant des libertés. Mais il y a des limites.

La ministre de la justice allemande à tenter, bien malheureusement, d’établir un
parallèle avec le coup de force du parti National-Socialiste Allemand, qui parvint
à prendre le pouvoir dans des circonstances troubles, et en marge du processus
démocratique.

À partir de ce moment, une espèce de structure tribale allait peu à peu s’introduire
et miner tous les institutions, pour les remplacer par un régime de terreur, où
chacun ne pouvait plus penser moralement par lui-même, mais, bien au contraire,
devait obéir. La morale des guerriers pris graduellement la place, et elle fut
exponentiellement et dramatiquement doublée par le caractère criminel des
personnalités du troisième Reich.

Nous n’en sommes pas là, sauf que de jour en jour notre patience est mise à
l’épreuve par un gouvernement qui apparaît, de plus en plus, malsain et corruptible,
pour ne pas parler de mégalomanie.

« Les derniers rapports prouvant que les services de renseignements et de police
états-uniens utilisent la torture sur les détenus Talibans et d'Al Qaïda montrent, une
fois de plus, le sort intolérable des prisonniers de la guerre au terrorisme.
Beaucoup sont emprisonnés sans accusation, sans droit de se défendre et certains
ont été assassinés. Ces pratiques doivent cesser à tout prix.

Certains dirigeants ont justifiés ces pratiques, qui violent les traités internationaux,
en invoquant la nécessité d'obtenir des informations vitales contre les réseaux
terroristes, mais ils devraient savoir que les informations ainsi recueillies sont
rarement fiables.

Nous en sommes à un point où nous pourrions commencer à nous demander si la
guerre au terrorisme de Bush n'est pas également une guerre aux réglementations
internationales en matière de défense des Droits de l'homme. Cette situation a
dramatiquement affecté le prestige des États-Unis et fait augmenter l'anti-
américanisme partout dans le monde. En outre, dans les prochains conflits
dans lesquels seront impliqués les États-Unis, on peut malheureusement
s'attendre à ce que les soldats états-uniens capturés soient traité de la
même façon. »



 
Someone, blow the whistle on Bush's excessive secrecy

Christian Science Monitor

« La Maison-Blanche a fait de l'obstruction pour empêcher la création d'une
commission d'enquête indépendante sur le 11 septembre, ne voulant pas que
le Congrès sache ce que le gouvernement savait.

L'Attorney général John Ashcroft refuse de rendre publics les noms de certaines
personnes arrêtées et les motifs de leurs arrestations.

L'Environmental Protection Agency, le département de l'Agriculture et le
département de la Santé et des services humains ont désormais le droit de
classer «secrets » leurs documents. (Et les produits de consommations nocifs ?)

Le vice-président Dick Cheney refuse de donner les noms des personnes ayant
participé à des discussions sur la politique pétrolière à la Maison-Blanche.

Le président en exercice a désormais le droit d'empêcher la dé-classification de
documents rédigés par un de ses prédécesseurs. George W. Bush a déjà utilisé
ce pouvoir pour cacher au public des documents de l'ère Reagan qui auraient pu
prouver l'implication de son père dans le scandale Iran-Contras.»



mardi, février 11, 2003
 
Pétrole : où est l'intérêt américain ?
Le Figaro


Et si la guerre ne se faisait pas vraiment pour une question de pétrole ?

« Puisque le pétrole provenant d'ailleurs que du Moyen-Orient a un coût de
production élevé, les pays occidentaux acceptent de payer ce surcoût pour
garantir leur sécurité énergétique. Les États-Unis souscrivent d'autant mieux
à cette politique entraînant des prix hauts qu'ils sont eux-mêmes producteurs
et qu'une baisse des prix ferait baisser la compétitivité de leur production
interne.

Si les États-Unis, comme beaucoup le prétendent, développaient la capacité
de production de l'Irak pour faire baisser les prix, on assisterait à une lutte
concurrentielle pour les parts de marché entre les pays du Golfe qui entraînerait
la disparition de l'OPEP, une baisse forte des prix et une re-concentration de
l'offre de pétrole mondiale autour du Moyen Orient, ce qui détruirait les économies
russe, mexicaine et vénézuélienne.

Compte tenu de ces éléments, reprenons les trois arguments les plus
souvent entendus à l'appui des explications par le pétrole :

« Après le 11 septembre, les États-Unis souhaitent substituer l'Irak à l'Arabie
saoudite comme acteur clé du marché pétrolier. »

À moins d'exclure l'Arabie saoudite du marché pétrolier et vu le caractère
mondial de ce marché, cette affirmation est vide de sens car l'émergence
d'un nouveau géant dans cette région ne ferait que renforcer le poids du
Proche-Orient et de l'Arabie saoudite.

« En contrôlant l'Irak, les États-Unis se donnent les moyens de contrôler
l'approvisionnement énergétique de la Chine. »

Dans un marché mondial intégré, l'embargo sélectif de la Chine est impossible,
il se transforme en hausse des prix universelle.

« Cette guerre est ordonnée aux intérêts des compagnies pétrolières
américaines qui obtiendront les gros contrats de développement. »

Dans l'état actuelle des choses, c'est TotalFinaElf et Lukoil qui profiteraient
d'une libéralisation du pétrole irakien. Mais un nouveau gouvernement mettrait
sans doute tous les contrats à plat et les différentes compagnies seront alors
mises en concurrence.

Il faut cesser de voir le pétrole irakien comme un butin facile à partager.
Il faudra même pour gérer correctement la question contenir le développement
du pétrole irakien au moins jusqu'en 2010.»

Qui dit vrai ?



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