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Sauvage
mercredi, janvier 29, 2003
 
Évasion ou évitement
La différence entre l’évasion fiscale ( illégale )
et l’évitement ( permis et toléré ) reste assez flou.
Ce qui permet à certains de profiter abondamment
de cette généreuse confusion.


« Revenu Canada ne peut tout simplement pas
rivaliser avec les armées d'avocats et de conseillers
fiscaux employées par les grandes corporations
pour trouver, chaque jour, de nouvelles façons
d'éviter de payer des impôts en profitant des règles
régissant les prêts et les emprunts de capitaux, ont
affirmé des experts.

Les compagnies qui s'y risquent réussissent souvent à tromper les
vérificateurs gouvernementaux.

Le cas d'Enron illustre bien le phénomène. Le courtier en énergie avait
créé deux firmes en Nouvelle-Ecosse, Hansen Investments Ltd. et Newman
Investments Co. - nommées d'après le film "Slap Shot" - pour que des
paiements sur le capital d'un prêt à une entreprise de pâtes et papier du
Québec soient considérés comme des intérêts déductibles.

L'opération, maintenant sous enquête par le Sénat américain, a permis à
la compagnie de Houston, maintenant en faillite, d'économiser 93 millions $
en impôts fédéraux.

David Perry, chercheur à L'Association canadienne d'études fiscales, a
expliqué en entrevue que le ministère des Finances resserre les lois fiscales
depuis 20 ans mais qu'en dépit des progrès faits, il ne peut suivre le rythme.

"La loi sur le revenu est énorme et couvre toute une gamme de possibilités,
mais dans certains cas les articles sont périmés", poursuit le chercheur,
ajoutant que le marché des capitaux innove constamment.

Les équipes fiscales proposent donc une série de scénarios sophistiqués
à leurs clients, allant du plus sécuritaire et plus coûteux à celui, plus
risqué, qui repose sur les zones grises de la loi.

La compagnie opte alors pour une voie à suivre, selon sa tolérance au
risque. Un vérificateur peut ne pas voir qu'une procédure n'est pas régulière.
"Et s'il la découvre, la contestera-t-il?", demande David Perry.

Le gouvernement n'utilisera les tribunaux que lorsqu'il les chances de
gagner sont bonnes, estime Joanne Magee, professeure en droit fiscal à
l'Université York University de Toronto.

La jurisprudence jusqu'ici renforce l'idée que tant que la loi fiscale permettra
de déduire les intérêts, ces pratiques ne seront pas contestées en cour et
ce, même si elles servent à l'évasion fiscale.

Le gouvernement fédéral a ainsi perdu deux causes relatives à des
paiments d'intérêts faits pour éviter les impôts, l'une en 1999 contre
Shell Canada et l'autre, en 2001, contre Ludco Enterprises.

Mais cela ne veut pas dire que tous profitent du système, selon David
Perry. "Certains le font, et ces situations impliquent d'énormes montants,
mais ce n'est pas généralisé", croit M. Perry.

Avec la baisse des impôts aux enteprises, il y aura moins d'avantage à
avoir une comptabilité "créative" pour éviter l'impôt, croit-il.»

(La Presse Canadienne, 15 décembre 2002)


lundi, janvier 27, 2003
 
Bureau des communications globales

« Ce Bureau coordonnera la communication des divers départements et
agences des États-Unis à l'étranger pour mieux relayer les orientations de
la présidence. George W. Bush entend ainsi reprendre le contrôle d'un
dispositif qui était en train de lui échapper

La Maison-Blanche met en place secrètement une Structure de coordination
de la propagande (Public Diplomacy Coordinating Structure - PDCS).

La plus grande originalité du dispositif est d'intégrer des États alliés dans la
communication officielle des États-Unis. Ainsi, le chargé de communication
du Premier ministre britannique, Alastair Campbell, participe chaque jour par
vidéo-conférence ou par téléphone à la réunion du PDCS. Ancien rédacteur
de magazines pornographiques, puis directeur politique du Daily Mirror,
avant de devenir le gourou du « nouveau parti travailliste », M. Campbell est
aussi un bon connaisseur du système de propagande des États-Unis.
En 1999, il avait été chargé par Tony Blair et Bill Clinton de reprendre en
main la communication de la salle de presse de l'OTAN, en pleine guerre
du Kosovo.

Par ailleurs, anticipant l'effet dévastateur potentiel de la télévision qatarie
Al-Jazeera pour l'image des États-Unis pendant des bombardements en
Afghanistan, la Maison-Blanche a menacé l'émir du Qatar, sheikh Hamad
bin Isa al-Khalifa al-Thani, de le renverser si sa station refusait de coopérer.

La technique de propagande choisie est d'un déconcertant classicisme :
occuper le terrain médiatique pour imposer ses propres problématiques,
masquer une source unique derrière une multiplicité d'émetteurs et faire
prendre des rumeurs pour des certitudes par la seule force de leur
répétition.»


samedi, janvier 25, 2003
 
Une vision plus modeste du rôle des journalistes

« JE NE VOUDRAIS PAS que ce que je vais dire soit perçu comme une
critique du journalisme, au moins au sens que l'on donne d'ordinaire à ce
terme, c'est-à-dire comme une " attaque " contre une activité et ceux qui
la pratiquent.

Je voudrais seulement contribuer à la réflexion que les journalistes mènent
sur eux-mêmes. Et cela, d'abord, en rappelant d'emblée les limites de la
réflexion que les groupes peuvent faire sur eux-mêmes. Tous les groupes
produisent une représentation de ce qu'ils sont et de ce qu'ils veulent être ;
et cela est particulièrement vrai des agents spécialisés dans la production
culturelle. Cette représentation doit beaucoup, évidemment, aux intérêts,
conscients ou inconscients, de ceux qui la produisent et qui pèchent
notamment par omission ou par indulgence à soi-même. Là où Marx disait :
" Les hommes ne se posent que les problèmes qu'ils peuvent résoudre ",
on pourrait dire : " Les groupes ne se posent que les problèmes qu'ils
peuvent supporter. " Ils ont des stratégies d'évitement, notamment celle
qui consiste à poser des problèmes extrêmes, liés à des situations limites,
pour éviter les problèmes quotidiens. Le débat sur l'éthique médicale en
est un exemple : poser le problème de l'euthanasie, c'est éviter de poser
celui des infirmières, de la vie quotidienne dans les hôpitaux, etc. je mets
donc en garde contre le danger auquel est exposé un groupe comme celui-ci.

On parlera beaucoup de la guerre du Golfe, une situation dans laquelle la
liberté des journalistes était tangente à zéro, et on évitera de poser les
problèmes où la liberté des journalistes est faible mais réelle. Le premier
pas vers une réflexion éthique consiste à définir les zones de liberté où
les responsabilités réelles, les possibilités réelles d'action sont engagées.

Comment peut-on poser ces problèmes ordinaires que la réflexion sur
les problèmes extraordinaires tend à occulter ? Comment éviter de
déplacer la réflexion des régions de la pratique qui dépendent de nous
- comme disaient les stoïciens - vers celles qui ne dépendent pas de
nous et où nous sommes exemptés, par définition, de toute responsabilité
et de toute action ? II faut commencer par revenir à une vision beaucoup
plus modeste du rôle des journalistes. Qu'est-ce qui est réellement en leur
pouvoir ? Parmi les choses qui dépendent d'eux, il y a le maniement des
mots. C'est à travers les mots qu'ils produisent des effets, qu'ils exercent
une violence symbolique. C'est donc en contrôlant leur usage des mots
qu'ils peuvent limiter les effets de violence symbolique qu'ils peuvent exercer
volens nolens. La violence symbolique est une violence qui s'accomplit dans
et par la méconnaissance, qui s'exerce d'autant mieux que celui qui l'exerce
ne sait pas qu'il l'exerce, et que celui qui la subit ne sait pas qu'il la subit.

C'est une proposition qui a l'air abstraite, mais voici un exemple concret.
J'ai entendu une publicité (…) au cours de laquelle on assenait comme
si elle allait de soi une philosophie de l'histoire sociale des sentiments
et des relations entre les sexes : 1970, la libération sexuelle; 1980,
le moralisme; 1990, le retour du sentiment - quelque chose comme ça.
Quand j'entends des choses pareilles - et Dieu sait combien on en entend
tous les jours ! C'est " Le retour du sujet ", " La fin du structuralisme ",
" Le retour de la démocratie ", " La fin de l'histoire ", etc. -, je me demande
toujours : " Mais comment le savent-ils ? " Or, dans le monde des
journalistes, qui est le lieu par excellence de la production, de la
reproduction et de la circulation de cette vulgate, bizarrement, personne
ne se pose la question. Vous lirez à la une du Nouvel Observateur :
" Le retour du sentiment " ; le Quotidien de Paris titrera " La fin de la
révolution sexuelle ". Ces coups médiatiques sont des coups de force
symboliques qui sont exercés en toute innocence, qui sont d'autant plus
efficients qu'ils sont plus innocents. Ils ne peuvent, en un sens, s'exercer
que parce que les gens qui exercent la violence sont eux-mêmes victimes
de la violence qu'ils exercent, et c'est là qu'intervient la fausse science des
demi-habiles qui vient donner les apparences d'une ratification scientifique
aux intuitions du sens commun (on pourrait appeler cela l'" effet Cofremca ") :
des typologies, fondées sur la projection de l'inconscient social des nouveaux
magiciens, viennent rencontrer l'inconscient des commanditaires
(comme les hommes d'affaires ou les hommes politiques) ou des
destinataires (comme les journalistes). Et les journalistes - voilà leur
responsabilité - participent à la circulation des inconscients.

(…) Je pourrais citer d'innombrables propositions à propos du monde
social qui sont tout à fait de ce type, notamment celles qui ont pour sujet
des noms collectifs : " La France s'ennuie ", " Le peuple n'admettra pas ",
" Les Français sont favorables à la peine de mort ", etc.
Dans les sondages, au lieu de demander successivement : " Pensez-vous
qu'il y ait actuellement une crise de la morale ? " et " Cette crise est-elle
grave ? très grave ? ", etc. On demandera tout simplement : " La crise
actuelle de la morale est-elle grave ? très grave ? ", etc.

Parmi les thèses tacites les plus puissantes, il y a toutes celles qui
portent sur des oppositions, des principes de vision et de division,
comme riche/pauvre, bourgeoisie/peuple, sur lesquels s'est fondée
la lutte du mouvement ouvrier et qui sont encore présentes dans
l'inconscient de la plupart d'entre nous, une opposition nationaux/étrangers,
indigènes/immigrés, nous/eux, etc. C'est un changement formidable.
Désormais, on pourra prendre des positions tout à fait différentes sur
ce qu'il faut faire des immigrés, il reste que les gens qui s'opposent ont
en commun - le consensus dans le dissensus - d'accepter tacitement la
prédominance, la priorité, de l'opposition immigrés/étrangers sur toute
autre espèce d'opposition, à commencer par l'opposition entre les riches
et les pauvres - à l'intérieur de laquelle il peut y avoir des indigènes et
des étrangers. (…) Nombre de mots que nous employons sans même
y penser, et en particulier tous les couples d'adjectifs, sont des catégories
de perception, des principes de vision et de division historiquement hérités
et socialement produits et reproduits, des principes d'organisation de notre
perception du monde social, et en particulier des conflits, et la lutte politique
vise, pour l'essentiel, à conserver ou à transformer ces principes, à renforcer
ou à changer la vue du monde social. Les journalistes jouent ainsi un rôle
central parce qu'ils sont, entre tous les producteurs de discours, ceux qui
disposent des moyens les plus puissants de les faire circuler et de les imposer.
Ils occupent donc une position privilégiée dans la lutte symbolique pour faire
voir et faire croire. C'est ce qui leur vaut l'ambivalence des intellectuels.
Ils sont enviés par certains intellectuels " m'as-tu-vu " qui veulent se faire voir,
et ils sont enviés aussi par des intellectuels moins voyants, mais qui voudraient
se faire entendre. Ceux qui savent quelque chose sur le monde social
aimeraient bien pouvoir le dire, mais ils se heurtent à ceux qui contrôlent
l'accès aux moyens de communication et qui sont ainsi en mesure de
sélectionner ce qui peut avoir accès à la diffusion massive.

Pour me résumer, je dirai que ce qu'il y a de plus terrible dans la
communication, c'est l'inconscient de la communication, fondement
de la communication des inconscients, ce sont en particulier, au sens
d'Aristote, ces " choses avec lesquelles nous communiquons, mais sur
lesquelles nous ne communiquons jamais ", ces oppositions fondamentales
qui rendent possible la discussion et qui ne sont jamais objet de discussion.
Ce que je prêche ici, c'est la nécessité d'une communication sur
l'inconscient de la communication. Pour que cela ne reste pas un voeux
pieux, il faudrait concevoir et créer une instance critique qui soit capable
de sévir et de punir - du moins par le ridicule - ceux qui passent les limites.
Je sais que je suis dans l'utopie, mais j'aime à imaginer une émission critique
qui associerait des chercheurs avec des artistes, des chansonniers, des
satiristes, pour soumettre à l'épreuve de la satire et du rire ceux qui,
parmi les journalistes, les hommes politiques et les " intellectuels "
médiatiques, tombent de manière trop flagrante dans l'abus de pouvoir
symbolique.»

(Pierre Bourdieu, Interventions 1961-2001, Science sociale et action
politique, Agone 2001)


vendredi, janvier 24, 2003
 
Richard Gott est l'auteur de In The Shadow of the Liberator :
Hugo Chavez and the Transformation of Venezuela.

Lorsque Allende fut élu avec une majorité absolue de voix, il voulut,
en bon démocrate, donner certaines responsabilités et certains
postes à ses opposants, et ce même si ceux-ci étaient particulière-
ment hostiles à son gouvernement d’orientation socialiste.

Les grèves, les pénuries artificiellement provoquées, les campagnes
de «salissages» et de désinformations furent utilisés ouvertement,
par la droite et le grand capital, comme chantage peu subtil.
On informa même le Président des rumeurs de renversement par
l’armé. Rien ne put le persuader que pour protéger la démocratie,
il faut dans certains cas freiner les conspirateurs qui ne respectent
pas la volonté du peuple.

Il y a un moment où il faut cesser de jouer le jeux de la démocratie
avec des individus, prêt à tout pour conserver leurs avantages et leurs
pouvoirs illimités, prêt à tuer et à éliminer ceux qui ne partagent pas
leurs intérêts.


« Les évènements au Venezuela qui ont entraîné une augmentation
des prix du pétrole ont permis à Hugo Chavez de se remettre en selle
politiquement.

Quand l'opposition conservatrice a amorcé sa grève en décembre,
après avoir tenté un coup d'État en avril, elle pensait parvenir à
renverser Chavez, mais celui-ci n'a pas cédé. Populaire, élu
démocratiquement et soutenu par l'armée qui n'apprécie pas la grève,
il semble toujours bien en place face à une opposition de plus en plus
divisée et sans leader. Le président vénézuélien a pu donner carte
blanche à l'armée pour briser la grève après avoir rompu les
négociations avec l'opposition : des milliers de dirigeants et cadres
grévistes de l'industrie pétrolière ont été révoqués, les installations,
les ports et les pipelines sont gardés par l'armée et la compagnie
nationale a été réorganisée en deux entités régionales.
De plus, les manifestations sont désormais encadrées par la garde
nationale. Chavez a affirmé qu'il pourrait recourir à la troupe pour
garantir l'ouverture des banques et la distribution de nourriture.
Il pourrait aussi supprimer l'autorisation d'émettre des quatre chaînes
de télévision qui attisent la déstabilisation.

Cette reprise en main a été possible grâce aux hésitations de
Washington et à l'élection au Brésil et en Équateur de deux présidents
de gauche, plus proches de lui que les autres dirigeants d'Amérique
du Sud. Aux États-Unis, la période de flottement est due au refus
d'habilitation d'Otto Reich à la tête des opérations en Amérique latine
par le Congrès, du soutien à Chavez de plusieurs élus Démocrates
et aux autres préoccupations de Washington dans le monde.

Désormais, Chavez, soutenu par la population, peut radicaliser sa
politique et mener une vraie révolution. L'opposition composée des
anciennes classes dirigeantes et des anciennes élites économiques
reste puissante, mais les classes populaires sont une force qu'il sera
difficile de vaincre.»


mercredi, janvier 22, 2003
 
Ils se discréditent

Les données récentes prouvent que l’image de l’Amérique états-unienne perd de
plus en plus de sa crédibilité. Lorsque l’on veut promouvoir le libéralisme libre-
échangiste et la démocratie, mais que l’on agit tout autrement, il vient un temps
où le discours ne passe plus, et ce même si on tente par tous les moyens de
redorer son image.

« Les alliés des États-Unis ne sont plus aussi sûrs qu'avant de vouloir renverser
Saddam Hussein. Par ailleurs, le soutien de Washington aux atrocités israéliennes
contre les Palestiniens manifeste l'hypocrisie de la superpuissance et sape son
autorité morale.

Les États-Unis ont une vision messianique de leur place dans le monde. Ils pensent
qu'ils doivent défendre partout les valeurs américaines. Ils ont hésité à présenter le
dossier irakien au Conseil de sécurité, sachant qu'ils avaient pu passer outre pour le
Kosovo. Finalement, ils ont accepté l'intervention de l'ONU, mais uniquement pour
instrumentaliser le temps des négociations afin de déployer leurs troupes dans le
Golfe.

Les États-Unis ont rejeté la Cour criminelle internationale et le protocole de Kyoto.
Ils ne respectent pas les règlements internationaux humanitaires à Guantanamo.
Ils défendent le libre-échange tout en poursuivant une politique protectionniste.
Ils combattent la prolifération des armes de destruction massive en encourageant
Israël à en détenir. C'est le comportement normal d'une puissance impériale qui
considère que sa force militaire lui donne des droits moraux. Ce sentiment est
d'autant plus fort que le pays vit dans l'illusion que l'effondrement de l'URSS est
une victoire morale de la démocratie contre le totalitarisme, ce qui n'est que très
partiellement vrai. »


mardi, janvier 21, 2003
 
Trop de profit !

« Les profits explosent ? Les firmes font tellement de profits qu'elles ne les
investissent même plus ? Les firmes n'ont jamais été autant engraissées de
subvention d'un Etat qu'elles méprisent, et dont on leur donne maintenant le
capital ?

Et on vous dit : soyez mobiles, prêts à être embauchés le matin pour être
débauchés le soir.»

« Quand le rêve d'évolution se dissipe, revient le temps des révolutions.»

« La voix des pauvres se fera de plus en plus entendre dans un monde où, bientôt,
les nantis seront cinq cents millions et les laissés-pour-compte plus de cinq
milliards... »


 
Michel Serres

« Nous vivons, aujourd’hui, à l’échelle globale du monde – quelle régression ! –
un statut de la vérité identique à celui de la Grèce la plus archaïque : dans la
lumière, universelle et vraie, du petit écran, assez encombré de cadavres et le
plus souvent tragique, terrifiant et pitoyable, et par cette boîte, ce tombeau,
théâtre et temple, nous fabriquons de petits dieux que seul l’équivalent d’un
monothéisme, pour nos conduites collectives, et d’un surcroît de savoir, pour
notre formation, pourrait enfin réputer faux et mensongers.

La définition donné du vrai par l’antiquité grecque : dévoilé, la vérité se réduit
à ce qu’on amène en pleine clarté. »


 
Ils sont vraiment dangereux !

« Aux Etats-Unis, un Commandement central d'Amérique du Nord a été créé.
En violation de l'esprit, sinon de la lettre, du Comitatus Act, il place la Garde
nationale dépendant des gouverneurs et les forces armées présidentielles sous
un commandement unique permettant une ingérence des militaires dans la politique
intérieure. En outre, par voie de traité, le Commandement central a de facto pris
autorité sur ce qui reste de l'armée canadienne. Deuxièmement, le Commandement
stratégique a absorbé le Commandement spatial en vue de la création d'une armée
de l'espace (c'est-à-dire d'une armée présente dans l'espace pour livrer des
batailles sur terre). Ces restructurations ont exacerbé les conflits dans
l'establishment militaire. ( Les fameux satellites pouvant détruire ceux de
l’ennemie et ainsi couper les communications et déstabiliser les armées et
le gouvernement. Par contre, cela demeure pour l’instant hypothétique. )

C'est dans ce contexte d'obstruction permanente du Pentagone et du département
d'État à sa politique que Donald Rumsfeld a annoncé le 7 janvier 2002 la création
d'une nouvelle arme, distincte de l'Army, de la Navy, de l'Air Force et du Marine
Corps : les Forces spéciales. Celles-ci avaient déjà été restructurées en 1987
par le président Reagan au regard des travaux des sénateurs Goldwater et Nichols
faisant suite à l'attentat contre l'ambassade US au Liban. Il s'agissait à l'époque
d'unités militaires très peu nombreuses destinées à des interventions éclair.
Ronald Reagan ayant déclaré la « Guerre à la drogue », les Forces spéciales
furent rapidement utilisées pour conduire des opérations de police contre des
narcotrafiquants en dehors de toute règles légales, nationales ou internationales.
Des États latino-américains pouvaient faire appel à ces commandos pour venir
discrètement détruire les installations des cartels de la drogue et en éliminer
les parrains. Il semble aussi que parfois, en Amérique centrale, ils aient joué
le rôle d'escadrons de la mort pour éliminer des leaders marxistes.»


lundi, janvier 20, 2003
 
"Terminator", ou comment semer la stérilité

« Le 4 mars 1998, le Bureau américain des brevets a accordé au ministère de
l’Agriculture et à une entreprise privée du Mississippi, Delta and Pine Land,
un brevet concernant une technique rebaptisée "Terminator" par des activistes
américains. Cette méthode permet de créer des semences génétiquement
modifiées qui donnent des plantes poussant normalement et produisant une
récolte normale, mais dont le grain ne germe pas. Le grain récolté est donc
biologiquement stérile. En mai, Monsanto a racheté Delta and Pine Land et
son brevet, déposé dans 87 pays, pour I milliard de dollars.»

Le Courrier International, 1999


« Traditionnellement, les hauts fonctionnaires de la FDA, l’agence qui surveille les
aliments et les médicaments, aux Etats-Unis, soit ont occupé un poste important
à Monsanto, soit sont appelés à le faire. Dans ces conditions, comment s’étonner
que la société soit autorisée à mettre des produits dangereux sur le marché ? »

The Ecologist, Sept-Oct 1998


dimanche, janvier 19, 2003
 
La Corée du Nord

Les États-Unis ont présenté l'année dernière la Corée du Nord comme un État
voyou, membre de « l'Axe du mal », tout en développant une stratégie fondée sur
les frappes préventives. Pour la Corée du Nord, il était alors évident que, tôt ou tard,
elle serait victime d'une attaque états-unienne. Faute de traité de non-agression,
elle a développé une politique de défense qu'on lui reproche aujourd'hui, bien qu'elle
répond à une volonté de défense légitime, et non d'agression.

Bien sûr les États-Unis n'envahiront jamais la Corée du Nord. Ils n'ont pas envie de
se heurter à la grande armée nord-coréenne, très endoctrinée. Toutefois, ils seraient
ravis de pouvoir encore tester leurs bombes de haute technologie sur un régime
honni, tout comme ils l'ont fait en Yougoslavie et en Afghanistan.



« Il y a un air de déjà vu dans la crise coréenne. Il y a neuf ans, Kim Il Sung expulsa
les inspecteurs internationaux et menaça de reprendre la production de plutonium
dans le vieux réacteur de Yongbyon. L'administration Clinton envisagea des sanctions
économiques et une riposte militaire.

En définitive, je fus invité par le « Grand leader » et avec l'aval de Washington à
entreprendre une mission de bons offices. Les Nord-Coréens voulaient seulement
obtenir l'assurance qu'ils ne seraient pas menacés nucléairement. En échange,
ils acceptèrent de renoncer à la production de plutonium. Un accord-cadre fut
conclu. Il prévoyait de geler le réacteur au graphite sous contrôle des inspecteurs
internationaux, et de garantir l'approvisionnement en énergie du pays en livrant
mensuellement du pétrole et en construisant deux centrales nucléaire ne
permettant que des usages civils. Bien que ces centrales ne furent jamais
construites, l'accord fut partiellement appliqué à la suite des négociations
conduites par Madeleine K. Albright.

L'équipe Bush a tout remis en question. Elle a rejeté la politique de rapprochement
entreprise par le président sud-coréen Kim Dae Jung ; elle a classé la Corée du
Nord dans « l'Axe du Mal » ; elle a accusé le nouveau Grand leader d'affamer sa
population ; et elle a annoncé qu'elle allait construire un bouclier anti-missile pour
se protéger de Pyongyang. Se sentant menacée, la Corée du Nord a expulsé à
nouveau les inspecteurs et annoncé qu'elle allait reprendre la production de
plutonium...»

- Jimmi Carter- (Washington Post)




mardi, janvier 14, 2003
 
Effets toxiques des OGM et apparition de nouvelles maladies

Avant d’introduire le syndrome de la myalgie éosinophile, je voudrais mettre les
consommateurs en garde contre les acides gras trans, l’alcool isopropylique et
les succédanés.

Margarine

Par une belle opération de marketing et un battage publicitaire, l’industrie nous a
convaincu que la margarine était plus saine que le beurre. Chose étrange, quelques
années après, on voit une forte augmentation des maladies dues aux mauvais
cholestéroles. Il faudrait donc payer légèrement plus, afin d’obtenir un produit fait à
partir d’huile non-hydrogénée à 100%.

« Les acides gras trans, reconnus néfastes pour la santé, sont principalement des
huiles végétales qui ont été hydrogénées ou partiellement hydrogénées après
chauffage à haute température (320º F), un procédé qui les solidifie afin d'en faire de
la margarine ou du shortening et qui les rend stables à la chaleur ou l'oxydation.
Ils sont présents dans de nombreux aliments transformés, produits de boulangerie
ou pâtisserie et fritures. Leur mauvaise réputation provient du fait qu'ils augmentent
le taux de lipoprotéines à basse densité (LDL ou « mauvais » cholestérol) et dimi-
nuent le taux de lipides à haute densité (HDL ou « bon » cholestérol). Ils sont donc
associés à un risque amplifié de maladies cardiovasculaires.»

Succédané du sucre : aspartame, ( cyclamates et saccharine )

« Parce que vous vous préoccupez de votre poids, vous pensez que les succédannés
sont meilleurs que le sucre pour votre santé ? Grave erreur...

La liste des plaintes reliées à ce succédané du sucre ne cesse de s'allonger,
particulièrement aux États-Unis, où on observe une importante consommation de
produits "diète". Pire, on sait maintenant que la consommation d'aspartame entraîne
des effets secondaires allant du simple mal de tête à des tumeurs au cerveau...

L'aspartame a été découvert par hasard en 1965 au laboratoire Searle, aux États-
Unis, par un scientifique qui cherchait à mettre au point un médicament contre les
ulcères. En goûtant une pincée de sa poudre, il se serait rendu compte qu'elle avait
un goût étonnamment sucré. Cette découverte était une bénédiction pour l'industrie
alimentaire, qui cherchait une solution de rechange aux cyclamates et à la
saccharine, interdits dans les aliments par le gouvernement depuis que des études
chez les animaux ont révélé qu'ils entraînaient des cancers.

En effet, les statistiques américaines provenant du National Cancer Institute révèlent
une hausse alarmante du nombre de tumeurs au cerveau: en 1983, 2,1 % des
cancers chez les hommes se situaient au cerveau; en 1987, l'incidence était passée
à 8,1 % pour ces messieurs, grimpant même à 11,7 % chez les femmes!
En creusant la question, les chercheurs ont constaté que cette forte hausse
coïncide justement avec l'apparition, en 1983, des boissons gazeuses édulcorées
à l'aspartame. Le débat pour son retrait du marché n'a pas cessé depuis.

Commercialisé sous le nom de NutraSweet et d'Égal, l'aspartame est un édulcorant
synthétique modifié génétiquement et composé de deux acides aminés (composants
des protéines), la phénylalanine et l'acide aspartique. Son pouvoir sucrant est 200
fois plus élevé que celui du sucrose. Pourtant, le cheminement de l'aspartame laisse
plutôt un goût amer dans la bouche. Il a même des allures de conspiration, puisque
le Pentagone a déjà nommé l'aspartame dans un inventaire d'armes chimiques!
En fait, tant G.D. Searle, la compagnie de produits chimiques et pharmaceutiques
mentionnée précédemment, que Monsato, maintenant propriétaire et fabricant
d'aspartame, ont des liens tangibles avec la fabrication d'armes chimiques...

Il est interdit aux millitaires de consommer des produits light : Pepsi Diet ect.

DES ÉTUDES DOÛTEUSES

C'est en 1974 que l'aspartame est approuvé pour la première fois. À la suite de deux
études démontrant que cette substance cause des tumeurs chez les animaux de
laboratoire, l'autorisation est abrogée. Ces études n'ont jamais été réfutées depuis.
En septembre 1980, après délibération, un comité de la Food and Drug
Administration (FDA) se prononce contre l'aspartame. Quatre mois plus tard,
G.D. Searle soumet dix nouvelles études "bidons", qui feront pencher la balance
du côté de l'aspartame par un vote: celui du commissaire Arthur Hayes... qui sera
plus tard engagé par Searle! Selon le Dr Adrian Gross, ancien toxicologiste de la
FDA, ces études sont de la foutaise. Il a noté que des décès d'animaux ont été
cachés, que des tumeurs n'ont pas été rapportées et, dans certains cas, qu'elles
ont même été extraites de l'animal qui, lui, a été remis dans l'étude!

En 1996, le médecin et professeur Ralph G. Walton, du collège de médecine de la
Northeastern Ohio Universities, décide d'analyser l'ensemble des études scientifiques
reliées à la consommation d'aspartame. Ses observations parlent d'elles-mêmes:
parmi les 174 études analysées, 74 étaient financées par l'industrie de l'aspartame,
et 100 % d'entre elles concluaient qu'il n'y avait aucun problème avec ce produit!
Cependant, sur 90 études indépendantes (non financées), 83 (92 %) ont plutôt
relevé un ou plusieurs problèmes reliés à l'usage de cet édulcorant.
L'aspartame est l'objet de controverse depuis son apparition; même son
approbation relève d'une décision plus politique que scientifique. Mais avec des
revenus se chiffrant dans les milliards de dollars par année, la compagnie Monsato
n'est pas prête de lâcher le morceau...

OÙ SE CACHE-T-IL?

En 1992, l'aspartame apparaissait dans plus de 4200 produits alimentaires aux
États-Unis: certaines marques de crème glacée, yogourts, puddings, confitures,
desserts préparés, céréales à déjeuner, vinaigrettes et dîners surgelés en
contiennent. Les pires: les boissons gazeuses "diète", les sachets de sucre Égal
et la gomme à mâcher sans sucre. Les médicaments peuvent aussi en contenir,
de même que le psyllium sucré "sans sucre" et les suppléments de vitamines
croquables pour enfants. Surveillez les étiquettes.»

http://www.reseauproteus.net/therapies/nutritio/aspartame.htm
http://www.reseauproteus.net/1001solutions/s/stevia.htm

Alcool isopropylique ( à friction)

Mode d’emploi : Pour friction ou massage et comme antiseptique pour les plaies.

Chez Novartis, une compagnie pharmaceutique, on interdisait aux opérateurs(trices)
d’entrer en contact avec l’alcool sans mettre des gants. Si vous étiez pris en flagrant
délit, vous ne pouviez plus poursuivre la compagnie, advenant un cancer du sang.

Bon ? les suppléments diététiques

« L'un des tout premiers produits transgéniques vendus, le L-tryptophane, a montré
que le génie génétique peut avoir des conséquences désastreuses. Cet acide aminé
produit de façon conventionnelle était commercialisé comme supplément diététique
dans nombre de pays, y compris les États-Unis. Au cours des années 1980,
l'entreprise japonaise Showa Denko mit au point un nouveau procédé de fabrication
du L-tryptophane: utilisation d'une bactérie génétiquement modifiée (Bacillus
amyloliquefaciens) et suppression de deux étapes de filtration. La nouvelle version
du L-tryptophane est commercialisée aux États-Unis début 1989. Une nouvelle
maladie apparaît au bout de quelques mois: baptisée syndrome de la myalgie
éosinophile (SME), elle se caractérise par des désordres neurologiques et auto-
immunes chroniques. Conséquences: 5 000 personnes hospitalisées, 1 500
handicapées de façon permanente et 37 décès - chiffre sous-estimé car le
décompte des morts est arrêté en 1991. On a pu démontrer que son L-tryptophane
contenait de faibles quantités d'un contaminant toxique qui pouvait être le sous-
produit de l'accroissement de la production de tryptophane par la bactérie
manipulée, la conséquence de la réduction du nombre de filtration ou une
combinaison des deux. Nous ne le saurons probablement jamais car un incendie
a détruit les stocks de bactéries recombinées.

De plus, ces types de bricolages génétiques peuvent avoir des effets inattendus
- l'effet de position - comme la production d'une toxine que la plante ne produit pas
naturellement.

Ainsi des plantes de tabac transformées pour leur faire produire de l'acide
gammalinoléique ont principalement produit de l'acide octacécatétraténique
toxique que l'on ne trouve pas dans les plantes normales.»



lundi, janvier 13, 2003
 
Pourquoi la classe moyenne va finalement voter à droite ?

Un des grands problèmes des gouvernements dit sociaux-démocrates, consiste à
déterminer quel secteur et jusqu’à quelle hauteur les contribuables voudront voir leurs
impôts investis. Dans des cabinets de toilette, pour la ministre ; pour GM qui ne
respecte rien, ni personne ; et dernièrement, pour sonder la popularité du travail fait
par une autre ministre ?

À eux seuls, ces trois erreurs feront énormément de mal, lors des prochaines
élections, car elles feront oublier les autres investissements, beaucoup plus
judicieux.

Lorsqu’on à pas d’enfant à la garderie, on peut facilement trouver qu’il n’est pas
juste de participer indirectement à la facture. En fait, on peut trouver 56 autres
raisons de ne pas vouloir donner une partie de son salaire, mais pour la générosité
et la sociabilité, on peut repasser.

Il s’écrit des milliers de pages pour discriminer toutes les dépenses gouvernemen-
tales, toujours selon le même raisonnement : laissez, à moi seul, la décision et le
choix d’établir où mon salaire doit se dépenser. Si ce n’est pas le cas, je ne suis
pas libre, puisqu’un tyran, avec l’aide des forces de l’ordre me contraignent à payer
des impôts.

En voici un aperçu.


« Combien de fois n'avez-vous pas entendu dire que le système public canadien de
santé est l'essence même de ce qui nous distingue des Américains ? Ce qui est
sous-entendu, c'est que les Canadiens sont d'une plus grande générosité, car leur
système de santé couvre tout le monde.

Or, la générosité est la vertu du don et celui-ci n'est possible qu'avec le consen-
tement du donneur. Qualifier les Canadiens de généreux car ils s'offrent un système
public de santé n'a aucun sens. Les payeurs de taxes n'ont pas donné leur argent,
le gouvernement leur a pris. Pour mieux dire, certains payeurs de taxes ont donné
leur consentement au gouvernement pour que celui-ci puisse soutirer l'argent de
ceux qui ne voudraient pas donner. Les premiers contribuent, tandis que les seconds
sont volés.

Vous ne pouvez pas dire que puisque ces derniers ont consenti à jouer le jeu de la
démocratie, ils doivent être bons joueurs et accepter la défaite. Je vous accorde que
l'apprentissage de la défaite est plus riche d'enseignement que l'apprentissage de la
victoire, mais la démocratie n'est pas un jeu. Il y a des valeurs qui sont à ce point
importantes qu'elles ne doivent pas être soumises à un vote, telles « ne pas
agresser» et « ne pas voler » autrui. Alors pourquoi qualifier de généreux celui qui
distribue des cadeaux avec l'argent des autres ?

Si vous dites que l'on doit se conformer aux désirs de la majorité car la démocratie
le veut ainsi, c'est que vous placez la démocratie au-dessus de la morale.
Lorsque vous dites qu'il en est bien ainsi puisque avec cet argent vous pouvez vous
offrir un système de santé, vous faites de votre propre intérêt celui de tous.
Or, cela n'est pas de la générosité, mais de l'égoïsme. Avec le temps nous avons
fini par considérer la démocratie comme étant un jeu où la majorité avait droit à tous
les bonbons qu'elle revendiquait.

Un vrai libéral n'a que faire de l'État, du politique et de la démocratie. La liberté lui
suffit. Le Droit lui rend justice et l'Éthique l'épanouit. Homme de paix, tout ce qu'il
exige est la non-agression de sa propriété.»

On ne dira jamais assez que la société se fonde sur un acte de générosité.
Si ce n’est pas le cas tous ceux qui n’entrent pas dans la norme du travailleur-
consommateur-libre de ses choix, tous ceux qui n’en feront pas partis seront
reconduit à l’extérieur des portes de la cité des repus. La meilleure façon d’y
arriver c’est en pointant du doigt tout ce qui ne ressemble pas au modèle sanctifié,
par l’économie de marché : le travailleur, mais surtout l’entrepreneur.

L’astuce : la guerre de chaque catégorie sociale contre chaque autre catégorie.

« Le marché mondial exige la guerre entre chaque catégorie socioprofessionnelle
(paysans, fonctionnaires, sous-cadres, cadres, retraités, actifs...), entre chaque
ville [...], entre les régions, les races, les sexes, sur fond de discrimination de plus
en plus grande. Qu'est-ce qui développe la haine raciale, sinon le chômage ? [...]
Raconter aux paysans que les fonctionnaires sont des nantis, aux citadins que les
paysans sont des empoisonneurs, et à tout le monde que tout le monde est
privilégié, même les chômeurs – surtout les chômeurs, qui ont des allocations,
sans travailler, ect.»

Au Québec, un parti exploite cette rhétorique amère.

« L'Action démocratique de Mario Dumont a réussi à s'imposer en 2002 en
préconisant un moratoire indéfini sur la question constitutionnelle, tout en mettant
de l'avant un « projet de société » fort différent de celui développé depuis 1960.
Le rôle de l'État serait notamment revu en profondeur et les libertés individuelles
primeraient sur les programmes universels incontournables, préconisés par le Parti
libéral du Québec et le Parti québécois. Mario Dumont a rejoint une large catégorie
d'électeurs — la classe moyenne — pourvoyeuse principale de revenus pour les
gouvernements, mais qui n'avait plus voix au chapitre, les gouvernements obéissant
aux groupes de pression institutionnalisés qui lui dictent depuis trois décennies de
coûteuses politiques socialistes.» Le Devoir

C’est très habile, et trop efficace.

Effectivement, si tous les travailleurs de la classe moyenne en ont assez de payer
pour ce qu’ils ne souhaitent aucunement, si cela est vrai, M. Dumont accomplira
sont grand rêve, et rendra heureux bien des insatisfaits, qui estime payer trop
d’mpôts.


dimanche, janvier 12, 2003
 
Une administration un peu douteuse

Il ne serait pas inexact d’affirmer que la plupart des membres de l’administration
Bush, non-élus, sont des transfuges talentueux, efficaces, mais dont les antécédents
posent des problèmes assez graves.

Donald Rumsfeld est l’ancien PDG d’un des géants de la bio-pharmaceutique Gilead
Science, l’un des principaux fabricants d’antiviraux.



samedi, janvier 11, 2003
 
Propagande

Les faucons ne laisseront aucun pays ternir l’image de sauveur, que
veulent ce donner les gouvernements U.S., afin de légitimer leurs
interventions.

Trop d’opposition, de réticence ou de neutralité sera automatiquement
sanctionnée par des campagnes de discrédits touchant des personnalités
politiques ou des corporations, auprès des opinions publiques de chaque pays
devenu indésirable.

« Deux cibles principales ont été désignées dans ce cadre : la France et l'Allemagne.
Ces États doivent être discrédités sur la scène internationale de manière à mettre un
terme à leur influence contre la guerre en Irak. Ils sont considérés comme d'autant
plus dangereux que l'Allemagne siègera en 2003 et 2004 comme membre temporaire
du Conseil de sécurité et comme président du Comité des sanctions, tandis que la
France présidera en janvier 2003 le Conseil de sécurité. Leurs dirigeants doivent être
déconsidérés aux yeux de leurs électeurs, de manière à être évincés de la vie
publique. L'image de marque des grandes entreprises qui soutiennent les politiques
nationales d'hostilité à l'égard des États-Unis doit être ternie au point de leur faire
perdre leur rang économique ; et les dirigeants de ces entreprises doivent être mis
en cause dans leur compétence et leur probité. Les leaders d'opinion qui développent
dans le public des sentiments hostiles à l'égard de la politique de Washington doivent
être ostracisés des médias. Enfin, les groupes musulmans qui pourraient relativiser le
concept de « guerre des civilisations » doivent être placés hors d'état de « nuire ».

En ce qui concerne la France, les cibles principales sont : le président Jacques
Chirac, Total-Elf-Fina, le consortium EADS (European Aeronautic Defense and
Space), Renault. Selon ce plan, des imputation diffamatoires seront publiées
dans des médias étrangers de faible importance, puis reprises dans la presse
française par des journalistes « sollicités ».

Pour balayer les objections de leurs alliés, les États-Unis ont décidé d'entreprendre
de vastes campagnes de propagande en Europe en corrompant journalistes et
écrivains. Ces opérations ne visent pas seulement à conquérir le consentement
des opinions publiques à la politique impériale de Washington, elles ont aussi
pour but d'éliminer les dirigeants politiques, les entreprises et les intellectuels
qui s'opposent à elle. À la mi-décembre, Donald Rumsfeld a désigné la France
et l'Allemagne comme cibles prioritaires.»


jeudi, janvier 09, 2003
 
Le nom du jeu est "assassinat"

« Les tenants de la ligne dure en Israël ont eu le plaisir de voir que leur tactique
controversée d'assassinat ciblé contre leurs adversaires a été adoptée par leurs
alliés états-uniens. Ce n'est pas une surprise, vu les liens étroits qui unissent la
droite israélienne et les faucons du Pentagone.

L'arme employée pour ce type d'opération est souvent le missile Hellfire, une arme
initialement destinée à la lutte anti-char qui est utilisée contre des individus. Israël
y a eu recours à plusieurs reprise pour abattre des dirigeants du Hezbollah.
Les États-Unis en ont équipé un drone pour tuer un dirigeant d'Al Qaïda au Yémen
dernièrement. Toutes ces attaques ont fait d'autres morts que la seule victime
désignée.

Il semble clair aujourd'hui que, pour le Pentagone, Israël a été un laboratoire du
combat contre le terrorisme. Douglas Feith, le sous-secrétaire à la Défense pour les
questions politiques, a rencontré Ariel Sharon pour approfondir le partenariat dans ce
domaine en mai dernier et ce mouvement devrait s'approfondir encore avec la création
à Washington du département à la sécurité de la patrie.

Paul Wolfowitz avait qualifié l'assassinat au Yémen "d'opération tactique couronnée par
un franc succès". On peut dès lors s'alarmer de cette systématisation du meurtre.»


mercredi, janvier 08, 2003
 
Les subventions de la mort

« L'industrie militaire américaine reçoit de larges subventions de la part du
gouvernement - 10 milliards de dollars par an - et crée en retour de nombreux
emplois, non pas aux États-Unis, mais en Israël et en Turquie où sa production est
largement délocalisée.

Dans le même temps, le complexe militaro-industriel a fourni des armes dans 39
des 42 zones de conflits dans le monde en 1999, provocant partout de terribles
drames humains. À titre d'exemple, en 2002, l'exposition et la conférence SOFEX
en Jordanie a vu les principales compagnies d'armement américaines exposer et
vendre leurs produits devant des représentants irakiens, iraniens, lybiens, syriens
et d'autres nations que le régime Bush veut détruire. Ce matériel pourrait donc
potentiellement être utilisé contre les troupes américaines un jour prochain.
Ces exportations n'entraînent le paiement d'aucune taxe pour les entreprises
d'armement américaines, contrairement aux règles de l'OMC, et elles sont largement
méconnues du public états-unien car une bonne part des activités les plus
embarrassantes pour le complexe militaro-industriel sont désormais classifiées.»



mardi, janvier 07, 2003
 
Conciliation

« L'administration Bush peine à adopter une position cohérente face à la crise
vénézuélienne soutenant un jour la tenue de nouvelles élections et le lendemain un
référendum. La seule constante dans ce discours est le soutien au respect de la
constitution du pays.

Alors que Washington ne veut pas risquer de perturber son approvisionnement
pétrolier, peu de citoyens en Amérique latine croient à l'attachement des États-Unis
aux règles démocratiques. En effet, le pays se prépare à une guerre en Irak et la
paralysie du pétrole du Venezuela et le climat de guerre civile qui y règne ne
pouvaient pas plus mal tomber. Malheureusement, le soutien au coup d'État avorté
d'avril dernier ne met pas l'administration Bush en position de régler le conflit.

Washington serait enchanté qu'Hugo Chavez quitte ses fonctions en raison du
discours anti-états-unien qu'il a adopté et de son soutien à de nombreux ennemis
des États-Unis. Mais la priorité est d'abord de régler la question de l'approvision-
nement et Washington soutient donc désormais les tentatives de conciliation entre
le président élu et son opposition.

Ironiquement, la crise au Venezuela peut avoir plus d'influence sur les États-Unis
que le contraire car une poursuite de la grève au Venezuela rendrait difficile une
guerre en Irak.»

Frida Ghitis est auteur de "The End of Revolution : A Changing World in the Age
of Live Television"



lundi, janvier 06, 2003
 
L’Angleterre, un modèle ?

« La mondialisation à la mode libérale est la mise en coupe réglée du bien public,
mobilier et immobilier, le saccage des caisses de Sécurité sociale et l'anéantissement
du droit du travail. Ce que l'on conte comme un progrès est une régression de deux
siècles. Les Anglais ont les patrons les mieux payés du monde, peu de
chômeurs et beaucoup de pauvres, un analphabétisme, des suicides et une morbidité
en augmentation.

Pauvres Anglais inventeurs de l'Etat-providence qui ont voulu se mettre en compétition
avec les dragons, et qui ont réussi : ils sont tombés à leur niveau ; l'ouvrier anglais
gagne deux fois moins que le français et il est autant au chômage.

Aujourd'hui, selon l'Unicef, quel est le pays d'Europe où le travail des enfants est le
plus développé ? La Grande-Bretagne, pardi !

L'Angleterre a les patrons les mieux payés du monde (une fois et demie les
rémunérations françaises), les ouvriers les plus mal payés (deux fois moins qu'en
France), les services publics les plus catastrophiques, l'aspect d'un ex-pays de l'Est,
un accès à la santé désormais dérisoire et une mortalité en croissance vertigineuse,
un alcoolisme effrayant, mais... mais..., un taux de chômage inférieur au taux de
chômage français : 6,5% contre 12,5%. Six points d'écart. Ca vaut le coup, non ?

Même pas. Personne n'ose plus nier que cette différence s'explique par une
démographie différente dans les deux pays ; que l'Angleterre est le pays d'Europe
ayant créé le moins d'emplois ces dix dernières années, moins que la France, que
l 'Allemagne, que l'Italie et même que l'Espagne, au taux record de 20 %; que les
chômeurs anglais disparaissent parce qu'ils sont devenus des pauvres
(Le nombre de pauvres est passé de 5 à 13,7 millions entre 1979 et aujourd'hui),
qui n'ont même plus le courage d'aller s'inscrire à des agences d'emploi qui ne leur
donneront rien.

Les Anglais ont changé la façon de comptabiliser le chômage trente fois en vingt ans.
Cela aide. Espérons qu'on trouvera un moyen de truquer les statistiques du suicide,
qui explosent outre-Manche. Mais comme le suicide concerne (encore aujourd'hui)
les vieux, ça fera autant d'économies pour la Sécu. D'ailleurs, ce sont les faibles qui
se suicident. C'est bon pour le darwinisme économique.»

Ah Dieu ! que la guerre économique est jolie ! par Philippe Labarde et Bernard Maris




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