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Sauvage
dimanche, décembre 29, 2002
 
Khalil Gibran -Le Prophète-
-
Ce livre, cette petite plaquette, pourrait devenir,
pour vous, un livre essentielle, une œuvre que
vous consulterez abondamment, et conserverez.

« Or, moi, je vous dit que la vie est effectivement
noirceur sauf sielle est sous-tendue par l’énergie,

Et toute énergie qui n’est pas savoir est aveugle,

Et tout savoir est vain qui n’est pas action,

Et toute action est vide qui n’est pas amour,

Et quand vous aggissez avec amour, vous vous
liez à vous-même, et à chacun, et à Dieu.»


samedi, décembre 28, 2002
 
The better informed you are, the greater our chances of success
The Independant (Royaume-Uni)

Kofi Annan

« Dans les dernières années, nous avons vu des gouvernements, de grandes
entreprises et d'autres lieux de pouvoir contraints de reculer et de repenser leurs
politiques sous la pression de la société civile. C'est grâce à cela que, de par le monde,
l'environnement a été moins dégradé et la dette de certains pays pauvres a été annulés
ou recalculés. Rien de cela n'est possible sans la lutte commune de milliers et de
milliers de personnes travaillant de concert et c'est de ce genre de mouvements dont
nous avons besoin à l'ONU pour atteindre nos Objectifs pour le millénaire.

Ces actions ne sont pas possibles sans la connaissance. Car le savoir, c'est le pouvoir.
L'ONU veut donner aux peuples du monde plus de pouvoir et mieux vous serez informés
plus vous aurez de chances d'atteindre vos buts. Ceux qui nous fournissent une
information claire et honnête sont nos meilleurs alliés.»



jeudi, décembre 26, 2002
 
Nouvel agenda

« Le président Bush veut que la guerre en Irak soit la plus proche possible de l'élection
présidentielle états-unienne de 2004. Les observateurs se sont focalisés sur l'opposition
entre le département d'État et le département de la Défense mais ont négligé l'influence
des conseillers politiques de George W. Bush.

Le processus des inspections prendra fin, en effet, à la mi-février, époque proche de la
période où le climat ne permettra plus de faire la guerre.

Il faut garder à l'esprit la devise de Ronald Reagan : il faut toujours avoir un méchant et
si on a un problème, on change de sujet. Ainsi, la guerre au terrorisme est passée à la
guerre en Irak et une prochaine attaque d'Al Qaïda pourrait servir de distraction des
masses à l'invasion de l'Irak.»

Il ne faudrait justement pas sous-estimer la capacité des conseillers politiques à
percevoir intelligemment les difficultés que pose une intervention trop unilatérale et trop
agressive en Irak, car on s’entoure en général de stratèges qui soutiennent toujours
deux tendances opposées, qui persuadent les dirigeants selon des arguments,
où celui qui convainc le mieux influe le plus.

Par ailleurs, la population américaine n’est pas particulièrement belliqueuse.
Elle aspire au bonheur, à la tranquillité, à la paix, mais, surtout maintenant,
à la sécurité. Il faut donc démontrer qu’il existe un réel danger. Dans ce cas-ci,
cela n’a pas vraiment fonctionné, à moins que l’on croie comme Monsieur Moore,
que la population est stupide, mais que lui, et d’autres initiés, sont les seuls à
comprendre.

lundi, décembre 23, 2002
 
Kyoto et la pollution

« La sagesse populaire dit que le consommateur moderne est fautif. L'usage excessif
de la voiture, les maisons bourrées d'appareils ménagers, le chauffage central,
la climatisation et le fait d'oublier d'éteindre les lumières quand on quitte sa maison sont
ce qui nous frappe le plus. Mais la possibilité qu'a le consommateur individuel d'influencer
le climat est faible étant donné l'impact des entreprises géantes qui prospectent,
extraient, transportent, raffinent et distribuent le pétrole, source principale des émissions
de dioxyde de carbone - qui est de loin le premier gaz à effet de serre. À elles seules,
122 entreprises produisent 80% de toutes les émissions de dioxyde de carbone,
et seulement 5 compagnies pétrolières privées mondiales - Exxon Mobil, BP Amoco,
Shell, Chevron et Texaco - produisent du pétrole qui contribue pour quelque 10% aux
émissions de carbone mondiales.

Pendant que ces 5 compagnies et leurs alliés au Congrès blâment le consommateur
américain pour sa consommation massive d'énergie, ou le "monde en voie de
développement" qui ne prend pas les mesures adéquates pour freiner le réchauffement
de la planète, les émissions des carburants qu'ils produisent dépassent le total de tous
les gaz à effet de serre en provenance de l'Amérique centrale, de l'Amérique du Sud et
de l'Afrique réunies !

En plus de produire le pétrole qui conduit au réchauffement de la planète, ces
Gangsters de l'effet de serre contribuent à la dynamique du changement climatique
et la perpétuent, de plusieurs autres manières importantes : - Ils sont raffineurs et
marchands de pétrole et de gaz. - Ils se servent de leur puissance politique pour
empêcher la transformation technologique et maintenir leurs affaires en l'état.
- Ils achètent l'opinion publique et scientifique. »

Drôle d’organisation mondiale du commerce !

« L'OMC peut aussi servir à étouffer les efforts des pays pour se conformer au traité sur
le climat de Kyoto. Par exemple, les États-Unis et l'Union européenne menacent de
poursuivre le Japon pour ses nouvelles normes d'efficacité énergétique - règlements qui
sont conçus pour abaisser les émissions de dioxyde de carbone - en tant qu'entraves
déloyales au commerce. Les subventions gouvernementales pour l'efficacité énergétique,
les programmes "verts" d'achats gouvernementaux et le marquage par le gouvernement
des produits dont la production contribue au changement climatique courent tous le
risque d'être mis à mal par l'OMC.»

Ce texte débute en niant une réalité que l’on se doit de prendre en compte. Si on se
refuse à la considérer, on manque une partie de la solution. On a tous de beau
sentiment face à l’environnement, sauf que un gouvernement n’a pas le même système
moral de fonctionnement que celui de la personne, de l’individu ou du citoyen.
Les restrictions sur l’émission des gazs à effet de serre ne pourront être véritablement
appliquées, de manière efficace, si les individus ne font pas les premiers pas.
Un gouvernement à beau jeu d’être laxiste lorsque les citoyens n’utilisent pas le
transport en commun ou le co-voiturage. Si l’on pouvait avoir une alternative, comme
la voiture électrique, et que les consommateurs choisiraient celle-ci, alors le rapport
changerait, et effectivement les gouvernements se verraient obliger de forcer les grands
pollueurs à réduire leurs émissions.

Les manufacturiers d’automobiles et les compagnies de pétroles l’on bien compris.
Ils n’ont pas peur de perdre leur marché, car le pourcentage des voitures écologiques
achetées resterait assez faible, dans les premières années, mais la pression deviendrait
de plus en plus forte, puisque les citoyens prouveraient leur bonne volonté et leurs
soucis de l’environnement. Pour l’instant on critique, on dénonce, mais c’est un autre
de ces coups d’épées dans l’eau.




mercredi, décembre 18, 2002
 
Cette Europe qui fait naufrage
-
« On rit, parce qu'on ne sait vraiment plus quoi faire, ni quoi dire. Le Prestige - dont le
pétrole dévaste le nord de l'Espagne avant de s'attaquer, probablement, à la France -
appartenait à une famille d'armateurs grecs déjà impliqués dans deux autres naufrages,
en 1979 et en 1992. Des ruffians, tout le monde le sait, mais tout le monde, ou presque,
en profite. Le trafic maritime a augmenté de 430 % en trente ans, et désormais 70 % des
navires de commerce circulent sous pavillon de complaisance.

Les raisons sont connues : cette combine légale permet d'échapper aux normes
sociales comme aux ponctions fiscales. Mondialisation et déréglementation
généralisée : est-ce la peine d'insister ?

Oui, car la vertueuse Europe démontre une fois de plus, dans ce domaine, son
hypocrisie sans rivage. Grâce à la Grèce, l'Union affrète d'ores et déjà un tiers de
tous les bateaux sous pavillon de complaisance. Et bientôt les trois quarts : en 2004,
l'Europe des 25 comptera deux nouveaux champions de la magouille, hors compétition :
Chypre et Malte. Et que dire des pays baltes, qui nous rejoindront eux aussi en 2004 ?
L'Estonie ne vient-elle pas de laisser partir de son port de Tallinn le pétrolier Byzantio,
épave à peine flottante ?

Jacky Bonnemains, le président de l'association Robin des Bois, l'un des meilleurs
connaisseurs en France de ces questions, qu'il suit avec une passion et une minutie
étonnantes, au lendemain de l'avarie du Prestige, publie un premier communiqué, dont
une phrase provoque une crise de nerfs chez madame Loyola de Palacio, commissaire
européenne - espagnole - chargées des Transports : « Depuis trois ans, le bla-bla a
coulé à flots, mais la Grèce, les Bahamas, les équipages de complaisance et les prises
de risques font toujours la loi. » Pour madame la commissaire, piquée au vif, les propos
de Robin des Bois sont scandaleux, car « grâce à l'Europe, la sécurité maritime va
grandement s'améliorer ». Le 30 novembre, dans une interview au Figaro Magazine,
madame de Palacio mange son chapeau, et reconnaît l'évidence : le Prestige n'aurait
jamais dû pouvoir prendre la mer. Mieux, elle déclare : « Ce que je peux dire, en tant
que commissaire responsable des transports, c'est qu'il était possible d'éviter ce
nouveau désastre à partir de contrôles beaucoup plus rigoureux de ces bateaux-
poubelles dans nos ports et d'un véritable suivi du trafic maritime, comme réclamé
par la Commission européenne. »

Les États-Unis de leur côté, chantres absolus du
libéralisme débridé pourtant, sont tout de même moins crétins : la législation adoptée
après la catastrophe de l'Exxon Valdez, en 1989, a franchement fichu la trouille aux
propriétaires de bateaux-poubelles. C'est, depuis cette date, l'exploitant du navire qui
doit indemniser les victimes, et pas un fonds d'assurance collective, comme chez nous.
En outre, seuls les pétroliers à double coque ont droit de passage le long des côtes.
Ce n'est peut-être pas miraculeux, mais cela semble marcher : l'Amérique n'a connu
aucune marée noire importante depuis 1989. En Europe, il y en a une tous les trois
ans en moyenne.»

Par ailleurs, le Prestige appartient à

«Crown Resources qui est elle-même la propriété du conglomérat Alfa group Consortium
dont les intérêts s'étendent du pétrole, au trading, aux activités de banque d'affaire et
d'investissement, à l'assurance, la distribution, les matériaux de construction, l'agro-
industrie et les télécommunications et les médias. Le président du conseil de
surveillance est le cofondateur du groupe, Mikhail Fridman. L'autre cofondateur est
Pyotr Aven, ancien ministre des Affaires Etrangères.

La fortune de M. Fridman est estimé par le magazine Forbes à 2,2 milliards de $US.
Il est l'un des nouveaux oligarques du capitalisme russe, nés de la privatisation des
actifs de l'état soviétique.»

Nous avons donc affaire, dans la majorité des cas de bâteaux-poubelles, à des
sociétés-écrans.

Ainsi c’est

« Le canton de Zoug qui héberge la société qui a affrété le pétrolier Prestige.

Crown Resources AG, l'affréteur du pétrolier « Prestige », est installé à quelques pas
de la petite gare de Zoug. Capitale du canton suisse du même nom, Zoug est une
bourgade de 20 000 âmes, coincée entre lac et collines, à moins d'une demi-heure
de train de l'aéroport de Zurich. Sa spécialité ? Elle est la Suisse de la Suisse.
Un deuxième coffre-fort encore plus inviolable à l'intérieur du premier coffre-fort
helvétique.»


lundi, décembre 16, 2002
 
Libéralisation et privatisation (2)

Suite au premier texte, trop théorique, mais assez déterminant, il reste à produire des
exemples de collusion et de contrôle des prix.

Que se passe-t-il, en pratique avec les monopoles ou les cartels privés ?

Peut-être, ceci :

« Les trois principales compagnies d'électricité espagnoles, Endesa, Iberdrola et Unión
Fenosa, qui contrôlent ensemble près de 90 % de la production, viennent de se voir
accusées d'entente illégale sur les prix par le ministère de l'Economie, agissant par
l'intermédiaire du Service de défense de la concurrence (SDC). Le SDC a remis le
dossier au Tribunal de défense de la concurrence - qui dépend du même ministère -
en demandant une sanction.

L'affaire remonte à novembre 2001. A l'époque, l'organisme régulateur, la Commission
nationale de l'énergie, avait observé une brusque hausse des prix, atteignant près de
60 % aux heures de pointe, sur trois jours consécutifs. La distorsion s'était
apparemment produite au niveau du marché de gros de l'électricité, où un organisme
de contrôle est chargé de faire correspondre l'offre des producteurs et la demande des
distributeurs. Les producteurs avaient exigé de concert un prix exorbitant qui les excluait
en fait des tractations, réduisant ainsi artificiellement l'offre et faisant bondir les prix.
Un procédé qui supposait, selon le SDC, une entente préalable.

Sans doute n'est-ce pas un hasard si le ministère a choisi de dévoiler l'information ces
jours-ci, alors que sont sur le point de se clore les négociations visant à établir le
modèle futur de détermination des tarifs dans le secteur. La position des "eléctricas ",
qui affirment que les prix actuels sont inférieurs aux coûts, ce qui paralyse leur
capacité d'investissement, s'en trouvera logiquement affaiblie.»

Et aussi,

« après Bruxelles, ce serait maintenant l'Office allemand des cartels qui pourrait infliger
à Lafarge, premier cimentier mondial, une amende pour entente illicite sur les prix.
D’autres groupes seraient également concernés, comme HeidelbergCement.

Des "sources du secteur cimentier" ont déclaré à Reuters qu'à l'issue d'une enquête
menée par l'Office allemand des cartels, de fortes amendes pourraient frapper plusieurs
producteurs. Lafarge pourrait être condamné à une amende de 100 millions d'euros et
HeidelbergCement à 400 millions.

La Commission européenne a annoncé avoir imposé une amende de 249,60 millions
d'euros au cimentier français Lafarge pour avoir participé à un cartel (entente) sur le
marché européen des plaques en plâtre.

Bruxelles a sanctionné au total 4 entreprises dans cette affaire, le montant global des
amendes s'élevant à 478,32 millions d'euros.

Le britannique BPB écope d'une amende de 138,6 millions d'euros, contre 85,8 millions
pour l'allemand Knauf, et 4,32 millions pour le belge Gyproc Benelux.

Il s'agit de la deuxième plus forte amende totale jamais imposée à un cartel par la
Commission européenne, après celle imposée au cartel des vitamines en 2001
qui avait atteint 855,23 millions d'euros. »

Dans cet ordre d'idée, il faut dire que Bernstein avait été vilipendé, juste avant la
première guerre, pour ce que l’on a appelé son réformisme. En fait, il ne voulait pas
renverser le capitalisme mais seulement lui apporter des correctifs, et, un siècle plus
tard, on lui donne raison dans le débat. Les amendes sévères font parties des
mécanismes de corrections et obligent les grands joueurs du commerce à respecter
les citoyens, leurs gouvernements et l’environnement.

Je prétends que de cette façon l’on puisse efficacement éliminer les comportements
prédateurs et donner un exemple dissuasif.



vendredi, décembre 13, 2002
 
Libéralisation et privatisation

Un certain Schumpeter nous a appris tous les avantages et les possibilités qui résultent
de la formation de monopoles, pour ce qu’il en est de la recherche, du développement
de nouveaux procédés, de la création de technologies révolutionnaires, de la conception,
de la fabrication et des économies d’échelles, qui peuvent, elles seules, assurer et
assumer les coûts exorbitants que l’innovation implique.

Donc, certains produits ou services n’auraient vu le jour si l’on avait interdit toute forme
de regroupement et de fusion entre les principaux acteurs. Ajoutons à cela le fait que
ces grandes compagnies maintiennent les prix relativement bas, afin de constituer des
contraintes à l’entrée et ainsi empêcher toute forme de tentative de compétitivité, de la
part des petites entreprises, qui auraient des coûts trop élevés, de toute façon.

Jusque là, tout fonctionne, avec le fameux discours actuel.

Mais qu’arrive-t-il des secteurs qui ne demande pas autant d’innovation, mais seulement
d’un fort capital, pour pouvoir posséder les infrastructures et les équipements ?

On parle d’électricité, des réseaux d’aqueducs, des hôpitaux, des écoles, des
assurances maladies etc.

Le résultat devient évident. Lorsque vous possédez vos clients, vous avez un marché
captif, et il serait très improbable que de nouvelles lignes électriques ou téléphoniques,
ou encore de nouveaux tuyaux soit construits, pour offrir le même service, mais à
meilleurs coûts.

On peut conséquemment affirmer que, si nous sortons d’un monopôle publique, nous
nous jetterons, à moyen terme, dans un monopole privé qui aura toute la latitude et la
marge de manœuvre pour sortir de l’économie de marché, d’annihiler la loi de l’offre et
de la demande, et de nous faire payer des factures salées, si ce n’est pas d’opérer un
vol complet à l’échelle collectif.

D’accord pour les oligopoles dans le secteur de l’électronique, mais il ne faut pas tout
mélanger. Une solution pour un secteur particulier, qui peut prétendre être généralisable
à l’ensemble des autres secteurs, cela devient un erreur grave de méthodologie, digne
d’esprits les moins rigoureux.

« L'enseignement à tirer de ce fiasco est qu'il faut en finir avec les chimères de la
libéralisation des services publics. Nous ne sommes plus dans un débat théorique.
L'expérience de plus de dix ans de libéralisation a montré que la recette qui mélange
ouverture à la concurrence et privatisation a abouti à des plats amers : baisse de la
qualité du service rendu, "rééquilibrage tarifaire" au détriment de la grande masse des
usagers, suppression massive d'emplois.»


mardi, décembre 10, 2002
 
« Les armes de "Science-fiction" s'en vont en guerre »

L'armée états-unienne développe depuis quelques années de nouvelles armes
exotiques telles que les bombes à plasma ou celles à micro-ondes.
Ces dernières permettent de détruire les systèmes de déclenchement des armes de
destruction massive rapidement et sûrement, en causant moins de dommages aux
populations civiles et avec un moindre danger de dispersion d'agents toxiques que
lors de bombardements classiques.

Cependant, il existe quand même des risques réels. C'est pourquoi leur utilisation peut
être considérée comme une violation des règles de la guerre. Ces risques sont
accentués par le fait que les dirigeants politiques de Washington, considérant que la
guerre contre le terrorisme et les armes de destruction massive leur donne un droit
moral à l'action, estiment qu'ils n'ont pas besoin de s'expliquer ou de se justifier.

Les armes qui provoquent une intense décharge énergétique entraînent des courts-
circuits dans les connections électroniques et tout ce qui contient des composants
électroniques mais également, en tant qu'armes anti-personnelles, elles s'attaquent
aux systèmes nerveux et font instantanément passer la température épidermique à
50 degrés Celsius en provoquant d'intenses souffrances. Cela fait longtemps que le
Pentagone effectue des recherches sur ces armes, mais le premier essai réussi ne
date que de 1999. L'armée compte les utiliser dans des bombardements mais
également en équiper des forces spéciales d'intervention, créées pendant la Guerre
froide, entraînées à investir et à détruire les centres de production d'armes de
destruction massive.

Les armes utilisées sur le terrain en Irak causeront de graves dommages aux civils,
ce que les traités interdisent, car les services de renseignement ignorent où se trouvent
les centres de production d'armes de destruction massive. Il serait souhaitable que
l'administration Bush en informe le public états-unien et le reste du monde mais, vu le
culte du secret de cette administration, le monde ne sera prévenu de tout cela que bien
après leur utilisation.


lundi, décembre 09, 2002
 
« Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d’investir où il veut,
le temps qu’il veut, de produire ce qu’il veut, en s’approvisionnant et en vendant
où il veut, et en ayant à supporter le moins de contraintes possibles en matière de
droit du travail et de conventions sociales.»


samedi, décembre 07, 2002
 
Léopardi
-
Portrait lucide de certains hommes d’État, de leurs acolytes, de leurs entourages
et de bien d’autres.

" Je me suis longtemps refusé à tenir pour vrai ce que je vais dire, car compte tenu de
la singularité de ma nature et du fait que l’on tend toujours à juger les autres d’après
soi-même, je n’ai jamais été porté a haïr les hommes, mais au contraire à les aimer.
C’est l’expérience qui, non sans résistance de ma part, a fini par me convaincre; mais
je suis sûr que les lecteurs rompus au commerce des hommes, reconnaîtrons la
justesse de mes propos; tous les autres les trouverons excessifs, jusqu’au jour où
l’expérience, s’ils ont l’occasion de faire réellement l’expérience de la société
humaine, leur ouvrira les yeux à leur tour.

J’affirme que le monde n’est que l’association des coquins contre les gens de biens,
des plus vils contre les plus nobles. Lorsque plusieurs coquins se rencontrent pour la
première fois, ils se reconnaissent sans peine, comme par intuition, et entre eux les
liens se nouent aussitôt; si d’aventure leurs intérêts s’opposent à leur alliance, ils n’en
conservent pas moins une vive sympathie les uns pour les autres et se vouent une
mutuelle considération. Quand un coquin passe un contrat ou engage une affaire avec
un individu de son espèce, il agit le plus souvent loyalement sans songer à le tromper;
a-t-il en revanche à traiter avec des honnêtes gens, il leur manque nécessairement de
parole et, s’il y trouve avantage, s’efforce de les perdre. Il lui importe peu que ses
victimes aient assez de cœur pour se venger, puisqu’il espère toujours, comme cela
se vérifie presqu’à coup sûr, triompher de leur courage par la ruse. J’ai vu plus d’une
fois des hommes d’une couardise extrême, ayant à choisir entre un coquin plus couard
encore et un honnête homme plein de courage, embrasser par lâcheté le parti du
coquin; mieux, c’est ce qui arrive régulièrement aux gens du commun placés en
pareille situation, car les voies de l’homme de bien sont simples et communes et celles
du scélérat multiples et obscures. Or, comme chacun sait, l’inconnu effraie davantage
que le connu et l’on échappe aisément à la vengeance des gens de cœur, car la peur et
la lâcheté suffisent (…) ( pour les calmer ). Mais ni la peur, ni la lâcheté ne peuvent
garantir des persécutions secrètes, des guet-apents, ni même des coups attendus qui
proviennent d’un ennemi sans scrupule. Si généralement, dans la vie courante,
le véritable courage intimide fort peu, c’est qu’étant dénué de toute imposture, il n’est
entouré d’aucun de ces menaçants apprêts qui rendent les choses réellement
terrifiantes; et souvent on ne le prend même pas au sérieux. Les coquins au contraire
se font craindre parce qu’à force d’imposture ils se voient bien souvent prêter du
courage.

Rares sont les coquins qui restent pauvres, car pour ne citer qu’un exemple, si un
homme de bien tombe dans la misère, nul ne vient le secourir et nombreux même sont
ceux qui s’en réjouissent; mais si c’est à un scélérat que cela arrive, toute la ville se
lève pour l’aider."



mercredi, décembre 04, 2002
 
Comment dissimuler la vérité ?


« Le président ne veut pas connaître la vérité sur le 11 septembre et en nommant Henry
Kissinger à la tête de la commission d'enquête, il a nommé la dernière personne qui
pourra répondre à la question posée au gouvernement : que saviez-vous et quand
l'avez-vous su ?

Kissinger a menti à l'opinion sur un tas de sujet, du bombardement du Cambodge au
Watergate, en passant par le coup d'État au Chili. Il a par ailleurs de nombreux intérêts
financiers au Proche-Orient par le biais de Kissinger Associates, sa firme de consulting
économique ultra connectée. Il a fait l'objet d'une enquête du Congrès pour le
financement de 4 milliards de dollars qu'a reçu Saddam Hussein par le bureau d'Atlanta
de la banque italienne BNL Bank. De plus, Kissinger Associates a dans son conseil
d'administration, Brent Scowcroft et Lawrence Eagleburger, respectivement conseiller
à la sécurité intérieure et secrétaire d'Etat de George H. Bush, aujourd'hui consultant
du Carlyle Group, ce qui le lie indirectement aux finances saoudiennes et koweitiennes.

L'administration Bush ne veut pas la vérité sur ses propres dysfonctionnement et son
exploitation de la tragédie pour détourner l'opinion des problèmes économiques
intérieurs et de son implications dans des scandales financiers comme l'affaire Enron.
Elle préfère maintenir l'attention de l'opinion sur le terrorisme (…) et sur une guerre en
Irak qui n'a rien à voir avec le 11 septembre. Elle a aussi résisté plus d'un an à la
création d'une commission d'enquête et, ne pouvant plus résister à la pression de
l'opinion, elle l'a confiée à un homme infâme.»

Robert Scheer est un chroniqueur régulier du Los Angeles Times.



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