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Sauvage
mercredi, octobre 30, 2002
 
Les bons et les méchants tyrans
-
Sur qu’elles critères les hommes d’États décident-ils
de dénoncer les pays, et leurs gouvernements,
qui ne respectent pas les droits humains, et d’imposer
des sanctions ?

« En cette époque où le commerce domine tout,
on juge les politiciens sur leur loyauté envers
le libre-échange. S’ils sont d’accord, on oublie
vite les petits détails comme la corruption
et la répression.

Mais, si par malheur, ces politiciens s’opposent au libre-échange, ou encore,
dénoncent les manœuvres des multinationales pour s’approprier les compagnies
nationales, à bas prix, alors là tous les coups sont permis et on connaît une soudaine
sensibilité aux droits humains.»


vendredi, octobre 18, 2002
 
Les armes et la virilité futile
BILL OF RIGHTS

ARTICLE II [Droit de porter des armes]


Une milice bien réglée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit du peuple
de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé.

La suite est un texte de Pierre Lemieux

« La fascination naturelle des hommes (ceux du sexe laid, en tout cas) pour les armes
joue sans doute un rôle: l'arme individuelle est un symbole de puissance pour le bien
comme pour le mal et, au bout du compte, le dernier rempart de la liberté et de la
dignité individuelles. »

Je croyais que les films, dans lesquelles les acteurs, plus souvent qu’autrement
médiocres, se tirent littéralement dessus, lorsque la réplique serait trop longue à
apprendre par cœur, n’intéressaient que les adultes attardés et les adolescents
impressionnables.

« Une autre analogie entre l'arme à feu et la voiture individuelle se rattache à un
phénomène socio-psychologique dont je ne sais s'il a déjà été remarqué.
L'automobile donne aux bipèdes que nous sommes un sentiment de puissance. »

Comme je pilote une bicyclette, je comprend maintenant que je suis certainement
eunuque.

« Ce sentiment ne réside pas seulement dans l'idée qu'en cas d'urgence, la voiture
nous attend tapie dans la nuit – de même que (maintenant en violation de la « loi »)
le revolver dans la table de chevet permet de parer à toute éventualité, comme une
police d'assurance-vie. Mais observez aussi comment on se plaît parfois à faire grimper
le compte-tours au démarrage, comment, de temps à autre dans un moment d'euphorie,
on presse sur l'accélérateur pour lancer sa voiture dans un sursaut que le conducteur
prudent retient rapidement. De même, l'homme armé (incluant, bien sûr, la femme armée)
se sent souverain et puissant et, dans sa puissance retenue, expérimente l'exaltation de
la responsabilité individuelle. On apprend ainsi la responsabilité individuelle, cette tension
grisante entre la puissance et la retenue, entre le sentiment de sa propre souveraineté et
la conscience de la souveraineté de l'autre.

L'analogie entre les armes et les véhicules à moteur s'arrête là. Car les armes
individuelles ont un avantage unique: elles représentent, de par leur nature même,
un outil de défense de la liberté et de la dignité individuelle. C'est pourquoi, du reste,
elles passent en premier dans le collimateur de la tyrannie administrative.

Après quelques décennies de prohibition, seuls les criminels et les agents de l'État
auront des armes. Adultes comme enfants, les yeux remplis d'admiration et de
déférence, s'émerveilleront comme des mouflets à la foire foraine devant la quincaillerie
des flics de plus en plus lourdement armés. L'infantilisation permanente et la résignation
béate auront remplacé la puissance et la retenue.»

Comme quoi on peut avoir un doctorat et manquer sérieusement de jugement.




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